La petite histoire de l'école et du presbytère de Gouex

L'ancien prebytère de Gouex, vue de la façade est. © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel. M. Favreau, 2018.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 15 novembre 2019
 

Le promeneur s'attardant dans le bourg de Gouex ne soupçonne pas toujours le passé des maisons qu'il peut voir. Certaines ont eu une fonction essentielle dans l'histoire de la commune. C'est le cas de celles présentées ici, aujourd'hui propriétés privées, qui ont servi pendant un temps d'école, de mairie ou de presbytère.

 

Le presbytère (avant 1789)

Située rue Romaine, cette maison a été la maison presbytérale de Gouex jusqu'à la Révolution. La façade présente des caractéristiques d'une construction remontant aux 15e-16e siècles (arcs en accolade et piédroits chanfreinés), ayant connu par la suite des modifications d'aménagement. La fenêtre du rez-de-chaussée, initialement une porte, a été modifiée lors de la construction de l'escalier, peut-être au 17e siècle. Les colonnes, la balustrade et les assises formant la rampe de l'escalier semblent être un remploi, peut-être du 19e siècle.

En 1789, par les lois des 2-4 novembre, l’État nationalise les biens du clergé, en vue de leur vente. C’est ainsi que Jean Gabriel Savin, important cultivateur et maire de la commune, achète entre autres la maison presbytérale et ses dépendances. Elle passe dans diverses mains au cours du 19e siècle, jusqu'en 1910, date vers laquelle elle est séparée en deux, à l'occasion d'une succession. Elle l'est toujours aujourd'hui puisque la partie sud du bâtiment est devenue propriété de la commune qui en a fait la cantine scolaire.

 

Le presbytère (vers 1827-1911)

À la fin de l’année 1821, la paroisse de Gouex n'a plus de desservant. L'évêque de Poitiers menace d'ailleurs de ne pas en rétablir tant que la commune ne sera pas en mesure de procurer « un logement suffisant pour lui, pour une domestique et pour un cheval [...] ». Le choix se tourne vers une maison et des dépendances situées dans l'actuelle rue de la mairie, vers 1825. Cependant dès 1843, les bâtiments sont en mauvais état et la commune n’est pas en capacité d'y faire les travaux nécessaires.

En 1865, Mlle Pierrugues, alors propriétaire du château des Escorcières, vient en aide à la municipalité en faisant édifier sur ses propres deniers un nouveau presbytère, au même endroit, à la condition que celui-ci serve uniquement et ad vitam æternam de presbytère. En 1907, en application des lois de séparation des Églises et de l’État décidées deux ans auparavant, la commune demande un loyer au prêtre, qui refuse de payer. La sous-préfecture de Montmorillon envisage alors son expulsion, ce qui a pour conséquence l'assignation du maire de Gouex devant le tribunal civil par Mlle Pierrugues qui engage une procédure pour récupérer le presbytère et ses dépendances au motif de l'inexécution des charges de la donation de 1865. L'affaire se conclut en 1911 par la rétrocession de la maison et des terrains aux héritiers de Mlle Pierrugues. Le bâtiment devient par la suite un restaurant dénommé « À la bonne cure » jusque vers 1974.

 

L'école primaire (1851-1901)

La première école primaire remonte à 1851. Elle est créée dans une maison donnant sur la place de l'église, appartenant aux époux Grandon. Malgré un endettement lié aux travaux de réfection de l'église et du presbytère, la commune prévoit d'y réaliser les travaux nécessaires à l'accueil des garçons et des filles séparément. Quinze ans plus tard, l'école est devenue trop petite, ne pouvant contenir que 31 élèves contre 51 à scolariser.

La mairie achète alors en 1866 un jardin mitoyen de cette maison d'école pour y faire construire une salle de classe. Les plans montrent une grande salle avec de larges ouvertures pour permettre un éclairage suffisant et un mobilier scolaire composé de cinq grandes tables pouvant accueillir chacune dix élèves. On peut encore apprécier la taille des ouvertures, modifiées par la suite. Cette école primaire fonctionne jusqu'en 1900, puis redevient une propriété privée.

 

L'école-mairie

À la toute fin du 19e siècle, l'école primaire est devenue insalubre et à nouveau trop exiguë. De même, le conseil municipal ne dispose pas de locaux suffisants : en effet, les réunions se tiennent dans la salle à manger de l'instituteur, à l’étage. Il est donc décidé de faire l'acquisition d'un terrain permettant l'édification d'un groupe scolaire avec un logement pour l'instituteur et une salle du conseil. La maison s'ouvre sur un vestibule desservant à gauche la salle du conseil municipal et à droite le salon et la salle à manger de l'instituteur. À l'arrière se situent la cour de récréation et deux salles de classe, une pour les filles et une pour les garçons. Si l'école est toujours en fonction aujourd'hui, la mairie a déménagé en 1953 lorsque la municipalité a fait l'acquisition de la villa des Roseaux.

 

L'école privée (vers 1865 – vers 1914)

En même temps que l'édification du nouveau presbytère, Mlle Pierrugues décide de créer une école de filles, placée sous la direction des sœurs de la Salle-de-Vihiers. Les similitudes dans les choix architecturaux et l'utilisation des matériaux laissent penser que les travaux sont confiés au même entrepreneur. Ils sont réalisés vers 1867. La maison, dotée de deux niveaux, se présente sur un plan carré. Le toit est en ardoise comme pour le presbytère et une cloche surmonte son faîtage. Faute d'effectifs suffisants et à la suite du départ des religieuses, l'école ferme à la veille de la Première Guerre mondiale. En souvenir de cette période, cette maison est toujours surnommée « le Couvent de Moulin-Beau », du nom du moulin disparu situé à proximité.

Auteur : Myriam Favreau

 

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