Niort-les-Bains

Ancien abri de pêche devenu villa, 54 quai Maurice-Métayer.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 9 juin 2017
 

 

Dès le Moyen-Âge, les liens tissés entre la ville de Niort et la Sèvre Niortaise sont avant tout économiques, commerciaux et industriels, notamment à travers les activités portuaires et de chamoiserie. À partir du 19e siècle, de nouveaux centres d'intérêt pour la nature et les loisirs transforment la perception du fleuve et renouvellent ces liens. L'architecture de villégiature et de loisirs incarne encore aujourd'hui ce renouvellement, source d'inspiration pour les architectes et les aménageurs.

L'architecture de villégiature sur les bords de Sèvre

Tout le long des boucles de la Sèvre Niortaise, depuis les abords du port jusqu'à ceux du bourg de Saint-Liguaire, se développe, à partir de la seconde moitié du 19e siècle, un nouveau type d'architecture directement inspiré des villas de bord de mer. On y trouve ainsi plusieurs exemples de qualité, que l'on croirait transplantés depuis les côtes rochelaises ou royannaises. Ici comme là-bas, il s'agit pour les propriétaires de bénéficier du panorama et, si possible, d'être vu des promeneurs. Dans l'intérieur des terres toutefois, comme à Niort, il ne s'agit plus de profiter d'une résidence secondaire, mais bien d'avoir une résidence principale au goût du jour.

Cottages, ...

Sur les rives immédiates de la Sèvre, plusieurs maisons illustrent les principaux modèles développés par l'architecture de villégiature. Elles sont notamment présentes sur les hauteurs de petites falaises qui dominent la rive gauche de la Sèvre. À quelques pas des ponts Main, 30 rue de Ribray, une villa se rapporte au type cottage, un modèle d'inspiration anglo-saxonne qui érige en règle la dissymétrie du plan et des élévations. Cette villa a été construite en 1906, suivant les plans de Paul Mongeaud, architecte deux-sévrien. Suivant un plan en L, la villa présente en façade un avant-corps latéral dont l'angle est occupé par un porche d'entrée. L'ensemble possède un décor particulièrement soigné qui allie la pierre, la brique, la faïence et le bois, avec des motifs sculptés de style Art nouveau. Le même modèle a guidé la construction de deux autres villas situées cette fois quai Maurice-Métayer, aux numéros 15 et 26. Celle du numéro 15 notamment, appelée "Les Roses", se distingue là aussi par l'abondance et la qualité de son décor, liées à la diversité des matériaux employés.

… chalets ou castels

D'autres villas présentent un autre type d'architecture de villégiature, celui du chalet. Ici, la symétrie est la règle : la façade est placée sur le mur pignon ou sous un fronton triangulaire qui en rappelle la forme, et les ouvertures sont réparties symétriquement, généralement en trois travées (alignements), autour de la porte centrale. Des exemples de ce type existent 11 quai de Belle-Ile (villa "L'Horizon", 1910) ou 20 rue de Comporté. Plus loin en aval, c'est le modèle du castel qui a été choisi pour d’imposantes villas dont les parcs surplombent la Sèvre : ici, le modèle du château, en l'occurrence d'époque classique, a été retenu de façon très ostentatoire comme à "Castelparc" (81 rue de la Recouvrance, vers 1850-1860) et surtout à Telouze, où le château, édifié en 1873, semble tout droit sorti du 18e siècle.

Pêcher et se baigner dans la Sèvre

Tout au long du 19e siècle, les rives de la Sèvre Niortaise deviennent de plus en plus un lieu de promenade et de détente. À la Belle époque (années 1890-1900), tandis que les premiers visiteurs en barques s'aventurent dans la "Venise Verte", se développe la pêche de loisir. Les photographies et cartes postales du début du 20e siècle montrent les armées de pêcheurs assis sur les berges, espérant les plus belles prises. Certains établissent même en bord de Sèvre de petites constructions, qui vont ensuite devenir de véritables maisons. Situées au plus près du fleuve, ces petites habitations - dont il reste quelques exemples  - comprenaient généralement un premier niveau (aujourd'hui habité) consacré au stockage du matériel et non pas habitable, car inondable ; à l'étage se trouvait une petite pièce chauffée dont les ouvertures ouvraient sur le fleuve.

D'autres installations sont établies encore plus près du fleuve, voire dans le fleuve même, pour se baigner et profiter des vertus relaxantes et supposées thérapeutiques de ses eaux. Déjà en 1800, un plan du jardin botanique de Niort, futur parc de la préfecture, indique la présence à cet endroit, en bord de Sèvre, d'une "école de natation" et de "bains tièdes". À la même époque, des bains publics existent plus en amont, accolés aux Vieux ponts. L'un de ces établissements, appelé les Bains Juin et reconstruit en 1863, durera jusque dans les années 1950. En aval, l'aménagement des abords de l'écluse de Comporté, édifiée en 1860, attire les convoitises : une association, la société l’Épée et l'Aviron, y propose des embarcations dans les années 1890-1900.

La baignade se pratique aussi aux abords des moulins de Pissot et de Bessac, sur la chaussée qui barre le cours de la Sèvre. Dès 1942, puis en 1945, la municipalité y fait aménager un site de baignade d'été, avec bassins, passerelles, jeux d'enfants, plongeoir démontable, plage et cabines. Cette piscine sur berge est améliorée au début des années 1950, mais s'avère vite insuffisante. Dès lors, en 1960, la municipalité fait appel à Roland et Léon Le Sauter, architectes renommés, pour la remplacer par un établissement en dur et couvert. Le site choisi se trouve à quelques pas de la Sèvre : la piscine du Pré Leroy ouvre ses portes en 1965.


Auteur  : Yannis Suire, octobre 2016.
Photographies, sauf mention contraire : Région Nouvelle-Aquitaines, inventaire du patrimoine culturel / Yannis Suire.


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