La « maison du médecin » à Saint-Pierre-de-Maillé

La « maison du médecin » à Saint-Pierre-de-Maillé
Découvertes
 
  • Mis à jour le 27 septembre 2018
 

Alors que les communes rurales s'interrogent sur les déserts médicaux, la commune de Saint-Pierre-de-Maillé déplorait déjà, en 1936, cette pénurie de médecins et décidait d'y répondre en construisant un logement pour accueillir le futur médecin.

[…] privée depuis de longues années de médecin, [la commune] est dans la nécessité de faire construire un immeuble pour loger le médecin qui viendra s'y établir, que ce n'est qu'à cette condition qu'elle obtiendra satisfaction, que [la] localité très importante comme population se doit de faire le nécessaire le plus rapidement possible pour répondre aux désirs de ses habitants ».

Le terrain choisi est situé en limite du bourg, au lieu-dit les Vigneaux. Les plans, coupes et élévations de l'architecte châtelleraudais Pierre Gouron sont signés du 5 octobre 1936. Le terrain est acheté le 10 octobre 1936, mais le choix interroge le directeur des domaines et le sous-préfet pour cause de conflit d'intérêt. En janvier suivant, le conseil municipal « sous la présidence de M. Régnier, adjoint, les intérêts du maire étant en jeu », confirme, suite à un courrier du directeur des domaines et d'une note de M. le sous-préfet, que seul le terrain appartenant à M. Raison, maire, convient au projet « en raison de sa proximité du bourg et de sa situation en bordure du chemin de grande communication 402 ». Par ailleurs, même si l'argument n'est pas présenté au sous-préfet, le groupe scolaire s'implante également à la même époque sur un terrain voisin.

Le budget prévisionnel est ajusté en mars 1937, avec un supplément dû à « l'application de la loi de 40 h » et est donc porté à 105 855,10 francs. Il est couvert par un emprunt auprès de la Caisse des dépôts et consignations, au taux de 5 % remboursable sur 30 ans.
Les travaux sont adjugés au rabais en sept lots le 4 avril 1937, les deux lots principaux revenant à M. Laveau fils de Tournon-Saint-Martin (terrassements et maçonnerie) et à Abel Luttreau de Châtellerault (charpente et couverture).
Le cahier des charges comporte des clauses qui aujourd'hui seraient illégales mais à replacer dans le contexte de la fin des années 1930, comme «  le nombre des ouvriers étrangers ne devra pas dépasser la proportion de 10/ pour cent ».
En mai 1938, un bail est signé pour deux ans avec le docteur Faure-Muret, mais le chantier ne sera réceptionné qu'en septembre de la même année.

Les plans de l'architecte prévoient :

  • au sous-sol, un garage avec un coin atelier, une cave à vin et une buanderie ;
  • au rez-de-chaussée, un salon d'attente, un bureau, une pharmacie, une salle à manger et une cuisine ;
  • à l'étage, un dégagement, trois chambres et une chambre de bonne.

La croupe nord-est de la toiture a été enlevée pour permettre une extension mitoyenne et le caducée de la porte qui figure sur le dessin de l'architecte n'a pas été trouvé. En dehors de ces éléments, la maison a conservé les caractéristiques extérieures que lui avaient données l'architecte, avec notamment la présence, sur la travée centrale, d'une jardinière à fleur.

En 2017, « la maison du médecin » accueillait une entreprise et c'est dans la maison mitoyenne – construite ultérieurement dans le même style – qu'était installé un cabinet médical.
 

La maison en 2017. © Région Nouvelle-Aquitaine, Communauté d’Agglomération de Grand Châtellerault, Inventaire général du patrimoine culturel. P.  Maturi, 2017.

Auteur : Véronique Dujardin, octobre 2018.


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