Des granges du début du 19e siècle à Jouhet

Grange à Mortioux.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 1 février 2018
 

À Jouhet, on retrouve sur une dizaine de granges, construites dans le dernier tiers du 18e siècle et la première moitié du 19e siècle, un détail architectural peu habituel : au-dessus de la porte, un larmier, petite corniche en pierre, permet de protéger le linteau en bois de l'atteinte directe des intempéries.

Toutes ces granges figurent sur le cadastre de 1840 et possèdent un plan identique. Il s'agit en majorité de granges-étables dont l'entrée se situe sur un mur pignon.


Une grange de 1801

Une seule porte une date, 1801, gravée sur l'une des poutres de sa charpente. Cette grange-étable de plan carré est le bâtiment le plus ancien de l'une des fermes isolées de la commune. Sa porte-charretière est située sur le mur pignon occidental. Son linteau en bois, protégé par un lit de pierres plates formant un larmier, est supporté par une pierre transversale plus large que le piédroit (seule celle de gauche est conservée).


Des lits de pierre pour protéger les portes

Certains lits de pierre ne protègent que le linteau, mais dans certains cas, il y a également une pierre posée verticalement de chaque côté de la poutre, comme au Pouilloux, où la pierre du côté droit a été enlevée pour laisser passer un rail guidant la nouvelle porte. Pour l'une des granges du bourg, le linteau de la porte charretière est composé de deux poutres superposées, de longueur différente. Le lit de pierres de protection contourne soigneusement les extrémités des deux poutres et le sommet du linteau.

La poutre de la porte piétonne située sur la même façade que la porte charretière possède parfois également une protection en pierre, avec ou sans retour sur le petit côté, comme pour cette ferme située au centre du hameau de Mortioux.

Un petit lit de pierres et/ou de briques peut être intercalé entre le lit de pierres sèches saillantes et le linteau en bois, comme ici à Rillé.


Les larmiers : des éléments fragiles, menacés de destruction

Ces éléments sont particulièrement fragiles et voués à la destruction lors de la modernisation des exploitations agricoles. Ainsi, cette grange en bordure de la route principale qui traverse le hameau de Mortioux a été en partie remaniée avec une reconstruction en parpaings du mur pignon sud. Sur le mur gouttereau, le linteau de la porte piétonne d'accès à l'étable, à encadrement en bois, est protégé par un larmier en pierre. Cette porte est encadrée de deux imposants anneaux à attacher les bêtes, en pierre. Il est probable que la porte charretière d'origine portait le même type de linteau.

Pour une autre ferme du même hameau, c'est l'édifice entier qui risque de disparaître prochainement, alors qu'il ne subsiste qu'un petit vestige du lit de pierre au-dessus du linteau d'une grange du bourg.


D'autres exemples de granges à larmier

D'autres granges du même type ont été repérées : trois à Pindray, sur la rive opposée de la Gartempe, et 70 réparties dans les 26 communes qui composaient la communauté de commune du Confolentais, au sud du territoire de la communauté de communes Vienne et Gartempe.

Au nord du département de la Charente, Chez-Boye à Vieux-Ruffec, à 75 km  km au sud-ouest de Jouhet, une grange porte la date 1773 inscrite au-dessus de la porte charretière. Le larmier en pierre est ici séparé du linteau en bois par un lit de moellons ; une pierre plate formant un autre petit larmier protège la pierre portant la date inscrite.

Auteur : Véronique Dujardin, juillet 2017.
Photographies : Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel / V. Dujardin, M. Guichet, B. Joyeux, 2016.


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