Les voies ferrées de la vallée de la Charente

La gare de Rochefort. Détail. © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire du patrimoine culturel.  G. Beauvarlet, 2018.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 3 décembre 2018
 

Aménagée dans la vallée de la Charente, la voie ferrée qui relie Rochefort à Cognac est ouverte en mai 1867, après 15 ans d’étude. Il s’agit du premier tronçon de la ligne Rochefort-Angoulême qui va rapidement concurrencer le trafic fluvial et supplanter la voie d’eau.

Cette ligne est réalisée par la Compagnie des chemins de fer des Charentes qui établit à Saintes, point à peu près central de ses concessions, un service de construction de la ligne, sous les ordres de l'ingénieur des Ponts et Chaussées Perreau. Les superstructures des ponts métalliques sont mises en adjudication en 1865.
 


Une voie ferrée qui suit le fleuve Charente…

La section de Rochefort à Saintes emprunte la rive droite du fleuve en suivant ses méandres. Au-delà, au sud-est de Saintes, la ligne franchit le fleuve entre les communes de Chaniers et de Saint-Sever, à Chauveau, pour se diriger vers Cognac. La construction de la voie est facilitée par le choix de longer le fleuve dans sa vallée, toutefois le franchissement de certaines zones nécessitent des travaux plus importants de fouilles, de terrassement ou de consolidation, comme à Saint-Savinien où les voies passent au-dessus des galeries des carrières de pierre, ou bien à Tonnay-Charente où une large tranchée doit être pratiquée dans une colline.

… accompagnée de nombreuses constructions et ouvrages d’art,

L'établissement de la voie suppose la construction de gares et de nombreux ouvrages d'art : ponts plus ou moins grands livrant des passages inférieurs ou supérieurs, passages à niveau, mais aussi aqueducs pour permettre l'écoulement des eaux. Il affecte aussi le réseau routier qu'il faut dévier ou modifier. Le plus généralement, la voie contourne ou passe à l'écart des bourgs tels ceux de Saint-Savinien ou Salignac-sur-Charente, à l'exception toutefois de ceux de Taillebourg ou Chaniers qu'elle traverse.

... des ponts, …

Le pont de Beillant est le seul pont de franchissement de la Charente sur la ligne, mais d'autres ponts permettent de traverser ses affluents - la Boutonne à Carillon, le canal de la Daurade à Rochefort et le Né à Salignac-sur-Charente -, ou encore des voies routières. La voie ferrée est elle-même surplombée par des ponts pour les croisements avec les routes principales là où elle est encaissée, mais il existe surtout des passages à niveaux, au nombre de 64 en 1872. Ils sont établis aux croisements de la ligne avec des routes, mais surtout avec des chemins d'accès aux prairies, à la rive du fleuve et à des passages d'eau.

… des gares

L'implantation des gares est choisie en fonction de l'importance des zones desservies et de manière à les distancer de 4 à 10 kilomètres. La possibilité d'une desserte des communes, de la rive gauche pour la section en aval de Chaniers et de la rive droite en amont, est un critère essentiel. Dans un premier temps, à Rochefort, est utilisée la gare créée près du bassin n° 2, par la Compagnie d'Orléans, pour le prolongement de la ligne Paris - La Rochelle ouvert en 1857. Après quelques années, la Compagnie des Charentes fait construire sa propre gare, mise en service en 1873 et située à 500 mètres de la précédente. Cette gare est remplacée par l’édifice actuel entre 1912 et 1920.

Des voies secondaires vers la Rochelle, Fouras, Saint-Jean-d’Angély, l’ïle d’Oléron

Différents embranchements et lignes complémentaires vont venir s'ajouter à cette voie. Une ligne directe Rochefort - La Rochelle est ouverte en décembre 1873, qui permet de relier Nantes à Saintes. Elle est dotée d'une bifurcation vers Fouras en septembre 1883. À partir de 1874, la gare de Beillant, au sud du pont, sert d'aiguillage entre les voies reliant, vers l'est, Cognac et, vers le sud, Coutras (sur la ligne de Nantes à Bordeaux par La Rochelle et Rochefort).

En 1878, la Compagnie des chemins de fer des Charentes est reprise par la Compagnie des chemins de fer de l'État. Cette même année, un aiguillage à Taillebourg permet d'atteindre la gare de Saint-Jean-d'Angély, sur la ligne du réseau secondaire ouverte en 1881 jusqu'à Niort. Puis, en 1889 est créée la bifurcation à Cabariot vers Le Chapus et l'île d'Oléron.

Saintes, carrefour ferroviaire

Enfin, en 1912, la ligne de Saint-Jean-d'Angély à Royan, par Saintes, est mise en circulation. Les liaisons avec Paris se font par La Rochelle ou par Angoulême. Grâce à l'ensemble de ces voies et à l'implantation d'ateliers de réparation du matériel roulant en 1877, Saintes devient un important carrefour ferroviaire.

Entre les années 1880 et 1930, la ligne de Rochefort à Saintes voit son trafic tripler, pour les voyageurs comme pour les marchandises. Cette croissance correspond dans le même temps à une nette diminution de la navigation sur le fleuve.

Le transport par voie ferrée concurrencé par le transport routier

Cependant, dès les années 1920, le voyage en train est lui-même concurrencé par celui en autobus, moins cher et plus commode. Parallèlement, le fret ferroviaire tend à être remplacé par le transport par camions.

La ligne Rochefort - Cognac est toujours en activité de nos jours, mais certaines des voies secondaires ont fermé.

 
 

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