Deux monuments commémoratifs de la famille Amussat en Deux-Sèvres

Détail du buste en bronze de Jean Zuléma Amussat. © Région Nouvelle-Aquitaine, inventaire du patrimoine culturel / C. Rome, 2016.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 21 février 2017
 

 

Dans les Deux-Sèvres, deux monuments ont été érigés à la mémoire de membres de la famille Amussat, natifs de Saint-Maixent-l'École : Louis-Jacques Amussat, prêtre, mort à Luché en 1817, et Jean Zuléma Amussat, célèbre chirurgien parisien, décédé en 1856. Le premier monument est dans le cimetière de Luché-sur-Brioux, le second sur la place Chaigneau à Saint-Maixent-l'École.

Jean Zuléma Amussat, un médecin réputé de Paris...

Jean Zuléma (ou Zulima) Amussat (1796-1856) est un chirurgien célèbre de la capitale au 19e siècle, réputé notamment pour ses découvertes en matière de soins des affections des voies urinaires. Il exerce et enseigne à l’École de médecine de Paris. Membre de l'Académie nationale de médecine en 1822, il compte parmi ses étudiants Hector Berlioz, avant que celui-ci ne devienne musicien. Ce dernier garde pour Amussat une profonde admiration relatée dans ses mémoires.

De secrètes sympathies m'attachaient même à mon professeur Amussat, qui montrait pour cette science une passion égale à celle que je ressentais pour la musique. C'était un artiste en anatomie. Hardi novateur en chirurgie, son nom est aujourd'hui européen ; ses découvertes excitent dans le monde savant l'admiration et la haine. Le jour et la nuit suffisent à peine à ses travaux. Bien qu'exténué, il continue, rêveur, mélancolique, ses audacieuses recherches et persiste dans sa périlleuse voie. Ses allures sont celles d'un homme de génie ; je l'aime.
Hector Berlioz


… enterré au cimetière du Père-Lachaise...

Décédé à Passy le 13 mai 1856, Jean Zuléma Amussat est inhumé au cimetière du Père-Lachaise, à Paris. Sa sépulture porte un médaillon de bronze qui figure Amussat de profil portant un collier de barbe. Œuvre du sculpteur Frédéric Bogino (1818-1899), il reproduit, de manière inversée (le visage tourné à gauche et non à droite par rapport au modèle), une gravure conservée à l'Académie de médecine. Il est entouré de l'inscription : « J. Z. Amussat, né le 21 9bre 1796 à St Maixent (Deux-Sèvres), mort à Passy le 13 mai 1856 ». Une réplique de ce médaillon existe également à Saint-Maixent.


… et honoré à Saint-Maixent-l'École

En 1877, à l'initiative du maire de Saint-Maixent-l'École et du fils d'Amussat, un monument commémoratif est édifié dans la ville natale du médecin, grâce à une souscription publique. Prenant place à l'origine dans le square Saint-Saturnin, au-dessus d'une fontaine, ce monument est composé d'un buste en bronze surmontant un piédestal haut de quatre mètres. Réalisé en marbre des Pyrénées et en pierre d'Angoulême, ce piédestal a été sculpté par Alphonse Pairault, de Niort, sur les plans de l'architecte Brothier. Comme pour le médaillon, le buste est l’œuvre de Frédéric Bogino. Il figure Amussat cette fois de face, portant un collier de barbe, à l'image du buste en marbre conservé à l'Académie nationale de médecine.

Inauguré le 22 avril 1878, ce monument a été déplacé en 1996 dans l'actuelle place Chaigneau.


La sépulture de Louis-Jacques Amussat à Luché-sur-Brioux : un hommage rendu par son petit-neveu Jean Zuléma

Le cimetière de Luché-sur-Brioux conserve la sépulture de Louis-Jacques Amussat, né à Saint-Maixent en 1736 - et non en 1735 comme l'indique l'inscription sur le médaillon. Ce dernier fut curé de Saint-Romans-des-Champs (près de Niort) de 1779 à 1791, avant de prendre en charge la paroisse de Luché-sur-Brioux jusqu'à sa mort, en 1817.
C'est son petit-neveu, Jean Zuléma Amussat, qui a commandité le médaillon qui figure sur sa tombe et qui porte l'inscription lui rendant hommage : « Louis-Jacques Ammussat, né à St Maixent en 1735, mort à Luché en 1817. Modèle des prêtres, bienfaiteur de sa famille. En reconnaissance et vénération de son petit neveu, J. Zulima Amussat ».

Ce médaillon a été sculpté en 1855 par Antony-Samuel Adam-Salomon (1818-1881) et a été fondu par Victor Paillard (1805-1886), bronzier à Paris.


Les sculpteurs

Bogino

Frédéric Louis Bogino (1831-1899) est un sculpteur français, élève dans l'atelier de François Jouffroy puis d'Eugène Lequesne. Entré à l'école des Beaux-Arts en 1850, il débute au Salon du Louvre en 1853. Il a réalisé de nombreux portraits de ses contemporains et des figures religieuses, destinées notamment aux églises de Paris. Il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur en 1877..

Adam-Salomon

Antony-Samuel Adam-Salomon (1818-1881) est un sculpteur français, qui a exposé au Salon du Louvre en 1844 et 1846 sous le pseudonyme d'Adama. Il a réalisé de nombreux bustes et médaillons de ses contemporains, comme le poète Alphonse de Lamartine, le philosophe Alexis de Tocqueville, l'ancien ministre Léon Faucher ou le musicien Rossini. Il a également sculpté les portraits de Charlotte Corday et de Nicolas Copernic. À partir de 1855, il délaisse la sculpture et se consacre à la photographie. Le portrait de Louis-Jacques Amussat fait partie de ses toutes dernières créations de sculpteur.

Remerciements à Christian Barbier et Virginie Inguenaud.

Auteur : Thierry Allard, février 2017.



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