Les Pacour, peintres itinérants du Poitou

Détail du tableau de saint-Jean-Baptiste dans l'église de Persac, signé F. PACOUR 1765.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 7 avril 2015
 

François et Jean Pacour font partie de ces artistes itinérants qui sillonnaient, au 18e siècle, les routes du Royaume de France en quête de travail. On trouve leur signature dans plusieurs églises du Montmorillonnais : « F. Pacour » ou « Pacour », sur quelques tableaux, ainsi que « Jean Pacour » sur un tabernacle.

On ne sait rien de ces artistes qui étaient à la fois peintres, doreurs et sculpteurs, ni le lieu, ni la date de leur naissance ou de leur décès. Peut-être sont-ils frères et originaires de Saint-Savin, où un Jean Pacou est cité comme menuisier en 1759 et 1763, ou du Dorat, dans le proche Limousin, où un François Pacour est mentionné comme peintre et sculpteur en 1776.

Leurs dates d'activités connues à ce jour s'échelonnent de 1760 à 1765 : 1760 à Chauvigny, 1761 à Angles-sur-l'Anglin et à Queaux, 1765 à Haims, Lavoux et Persac. Mais sans doute existe-il d'autres œuvres qui permettraient d'élargir ce cadre chronologique restreint.

Il est difficile de savoir qui de Jean ou de François est l'auteur des tableaux, ou peut-être les deux à la fois. On sait que Jean a refait, dans les années 1760-1770, la dorure du tabernacle du 17e siècle qui provient de l'ancien prieuré de Villesalem (aujourd'hui conservé à Journet dans la chapelle funéraire de Lépinay), comme l'indique l'inscription maladroitement peinte au revers de ce meuble : « fajt à virsalem jean pacour ». De son côté, François signe « F Pacour », en lettres capitales ou en cursives, sur les tableaux conservés à Angles-sur-l'Anglin (église Saint-Martin), à Chauvigny (église Saint-Symphorien à Pouzioux) et à Persac. C'est probablement sa signature (dont l'initiale du prénom est peut-être masquée par le cadre) que l'on peut lire sur un tableau de Queaux. Quant à ceux de Haims et de Lavoux, seul le nom « Pacour » apparaît, écrit avec un P initial dont la graphie est différente de celle des toiles de Chauvigny ou d'Angles-sur-l'Anglin.

Les signatures des Pacour

Les tableaux peints par François ou Jean Pacour figurent le plus souvent le saint patron de la paroisse locale : saint Symphorien à Chauvigny, saint Martin à Lavoux et à Queaux. Les autres œuvres sont des représentations de sujets religieux traditionnels : l'Adoration des Mages à Angles-sur-l'Anglin, saint-Jean-Baptiste à Persac ou les quatre Pères de l’Église latine (saints Ambroise, Augustin, Grégoire et Jérôme) à Haims. À Queaux, d'autres tableaux sont attribuables aux Pacour : une toile figurant sainte Catherine d'Alexandrie située à l'entrée du chœur, côté nord (qui fait pendant à celle placée au sud représentant saint Martin), ainsi que des peintures sur bois réalisées sur les portes des placards de la sacristie. Ces peintures figurent le baptême du Christ, saint Louis et saint Henri ; elles sont accompagnées, sur les panneaux inférieurs, de vases à fleurs dont le style se rapproche de celui des motifs qui ornent les panneaux latéraux à Lavoux.

Destinés à de petites paroisses du Montmorillonnais, qui n'avaient probablement pas les moyens de s'offrir le talent de peintres confirmés, ces tableaux révèlent des maladresses de dessin, de proportions et de perspective. Ils constituent un témoignage de l'art populaire dans certaines églises rurales du Poitou.

  • Si vous avez des informations sur ces artistes, merci de nous contacter.

Auteur : Thierry Allard.

 

Bibliographie

  • Pierre Rambaud, "Notes et documents sur les artistes en Poitou jusqu'au XIXe siècle", Archives historiques du Poitou, tome XLIII, 1920, p. 94.
  • Henri Clouzot, Art du Poitou, Paris, vers 1925 p. 42.
  • Joseph Salvini, "Un tableau de l'église de Lavoux", Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest, 1965, 3e trimestre, p. 228-229.
 
 

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