Les vitraux au 20e siècle : quelques témoignages de modernité en Poitou et en Charentes

Signature de Max Ingrand et Paulette Richon en 1948, sur les verrières de l'église Saint-Nicolas de Port-de-Piles (Vienne). © Région Poitou-Charentes, inventaire du patrimoine / T. Allard, 2011.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 16 juillet 2018
 

Les vitraux des édifices religieux ou civils témoignent des techniques et des formes artistiques qui ont traversé le 20e siècle. Le Poitou et les Charentes ne sont pas restés à l’écart de cette modernité. Nous vous proposons d'en découvrir quelques exemples.

Destinés à donner au visiteur un sentiment de sacré, par le jeu de la lumière et des couleurs, les vitraux qui ornent les verrières de nos édifices religieux sont le plus souvent figuratifs : ils présentent des épisodes de la Bible, la vie des saints... et participent ainsi à l'éducation religieuse des fidèles. Ils peuvent être aussi décoratifs.

Les vitraux ont longtemps garni les baies des édifices médiévaux et de la Renaissance, puis sont tombés dans l’oubli au cours des 17e et 18e siècles. Ce n’est qu’au début du 19e siècle qu’ils connaissent un renouveau suite à la redécouverte, par les Romantiques, du Moyen Âge. Ils prennent alors place dans tous les édifices religieux construits ou restaurés à cette époque. Ils sont également installés dans de nombreux hôtels particuliers, édifices commerciaux ou bâtiments publics.

Au lendemain de la guerre 1914-1918, les verrières religieuses connaissent une rupture avec les modèles anciens. Des artistes décident de créer des œuvres novatrices issues des grands courants picturaux comme le fauvisme, le cubisme ou l’expressionnisme. Leur réalisation voit le plus souvent le jour dans le cadre d’ateliers nouvellement crées, comme L’Arche, Les Artisans de l’autel ou, plus connus, les Ateliers d’Art sacré, fondés en 1919 par Maurice Denis et Georges Desvallières. Ces ateliers vont redonner au vitrail religieux un nouveau souffle.

L'album-photos

Les techniques

Le vitrail est un panneau de verres assemblés par compartiments, enchâssés dans un réseau de ciment, de béton, de résine ou, plus traditionnel, de plomb.
Le verre peut être travaillé pour sa transparence ou rendu opaque, coloré dans la masse ou peint.

Parmi les techniques inventées au 20e siècle :

  • la dalle de verre : des pavés de verres épais colorés dans la masse sont montés dans une structure en ciment
  • le verre moulé-pressé : le verre est coulé dans un moule puis comprimé dans une presse
  • le verre opalescent, dit américain : des verres translucides dont l’aspect rappelle l’opale
  • le verre thermoformé : des feuilles de verre sont déformées sur un moule en plâtre sculpté par chauffage

Quelques maîtres-verriers célèbres

  • Maître-verrier et décorateur célèbre né à Bressuire, Max Ingrand (1908- 1969) a réalisé plusieurs verrières dans la région, notamment celles de l'église Saint-Nicolas de Port-de-Piles (Vienne), en 1947-1948, de l'église Saint-Pierre de Laleu à La Rochelle (Charente-Maritime), en 1956-1957, ainsi que le triptyque de l'église Saint-Denis à Jaunay-Clan (Vienne), en 1967.
     
  • Membre des Ateliers d’art sacré, Jean Hébert-Stevens (1888-1943) est fondateur, avec son épouse Pauline Peugniez, en 1924, d'un atelier de vitrail à Paris, qui verra passer des peintres renommés comme Maurice Denis et Georges Rouault. Il est l’auteur d'une verrière de l’Annonciation, réalisée en 1935 dans l'église de Journet (Vienne). Son gendre, Paul Bony (1911-1982) a été le maître-verrier de Matisse, Rouault et Chagall. Il a notamment créé, en 1962, la verrière géométrique de l'église de Buxerolles (Vienne).
     
  • À la fois cartonnier et peintre-verrier, le vendéen Louis Mazetier (1888-1952) a créé de nombreuses verrières en France. Dans la région, il a réalisé celles de l'église de Champagné-Saint-Hilaire (Vienne), entre 1946 et 1950, ainsi que celle de l'église de Saint-Fraigne (Charente), vers 1950.  

Auteur : Thierry Allard

 
 

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