Monuments disparus : Collège des Écossais, Poitiers (Vienne)

© Région Poitou-Charentes, inventaire du patrimoine culturel / A. Maulny 1983.
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  • Mis à jour le 23 juillet 2015
 

La construction en cœur d'agglomération d'édifices publics a parfois nécessité la destruction d'édifices antérieurs, désaffectés ou obsolètes. Ce fut le cas à Poitiers, où le nouvel hôtel de police a pris la place du collège des Écossais, en 1984.

Ce collège n'était plus occupé depuis les années 1970. Il était situé à l'angle de la rue des Écossais et du tronçon de la rue de la Marne menant vers la place de l'hôtel de ville. Il faisait face à l'hôtel des Postes, construit à l'angle de cette même rue des Écossais et de la rue Arthur-Ranc.
 

Un collège d'enseignement ménager conçu en 1923...

Le collège était initialement dévolu à l'enseignement ménager. De style Art déco, il avait été conçu en 1923, soit une quinzaine d'années après la "grand'poste" (comme la nomment les Poitevins) qui lui survit encore. Le carrefour présentait ainsi, face à face, deux témoignages de styles architecturaux différents.

... par Maurice et Lucien Martineau...

Le collège était l’œuvre des architectes Maurice (1887-1982) et Lucien (1890-1972) Martineau. Il s'agissait d'une de leurs premières constructions publiques communes.
La dynastie Martineau, qui comptait également Léon, le père, 1853-1921, et Jacques, fils de Maurice, 1922-2003, est l'auteur de nombre d'autres édifices, publics et privés, de la ville de Poitiers : la "Maison Vannier", actuel centre commercial des Cordeliers ; le Crédit lyonnais, rue Victor-Hugo ; les anciennes Chambre de commerce et Banque nationale de Crédit, rue du Marché-Notre-Dame ; le cinéma Le Castille ; le temple, rue des Écossais ; la Société générale, place de l'hôtel de ville ; le salon de thé Fink, rue des Cordeliers, lui aussi disparu…

... construit en béton armé, ...

Le collège était construit en béton armé, habillé de pierres de taille pour les portes monumentales. Il comportait deux façades, qui s'élevaient sur trois niveaux. Le rez-de-chaussée et le premier étage étaient éclairés de grandes baies ; un entablement les séparait d'un étage sous les combles. Ce dernier étage présentait plusieurs séries de petites ouvertures. La façade de l'entrée principale, donnant sur le carrefour, était la plus ornementée. Deux piliers cannelés portant les lettres VP (Ville de Poitiers) encadraient, sous l'entablement, l'inscription "Enseignement ménager", surmontée d'un fronton aux armes de la ville, montrant le lion, la bordure de besants (monnaies), et les trois fleurs de lys couronnant le tout. Une façade plus longue bordait, au sud, la rue des Écossais. Huit séries verticales de baies séparées par des piliers étaient disposées de part et d'autre d'un second portail permettant l'accès des véhicules. Moins orné, il était surmonté des mots : Ville de Poitiers, École primaire supérieure de jeunes filles, avec les lettres VP entrelacées à droite et à gauche. À l'intérieur, quelques marches longeaient la totalité de la façade intérieure, qui donnait sur une cour initialement sans revêtement.

... qui devient collège de filles...

Avant sa destruction, ce collège d'enseignement ménager était devenu un classique collège de filles, accueillant jusqu'à la 3e les élèves qui pouvaient ensuite être scolarisées au lycée Victor-Hugo… autre réalisation des frères Martineau.

... et qui fait place, depuis 1984, à l'hôtel de police
 

L'hôtel de police, rue des Ecossais à Poitiers, a été construit à l'emplacement du collège détruit en 1984.  © Région Poitou-Charentes, inventaire du patrimoine culturel / C. Rome 2015.

Auteur : Marie-Paule Dupuy

Bibliographie

  • Connaissance de Poitiers conservatoire des siècles : ouvrage illustré de 315 photographies / texte et phot. Yves-Bernard Brissaud. - Poitiers : Librairie Le Bouquiniste, 1984, p. 81.
  • Les frères Martineau, les immeubles privés entre les deux guerres à Poitiers / Yann Launay, direction Nabila Oulebsir. Mémoire de Master 1 : Histoire de l'art : Université de Poitiers, U. F. R. Sciences humaines et Arts : septembre 2005, p. 49-50.

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