Monuments disparus : Pigeonnier de la Tour-Chabot à Niort (Deux-Sèvres)

Pigeonnier de la Tour-Chabot (Niort), en 1970, vue intérieure. © Région Poitou-Charentes, inventaire du patrimoine culturel / J.-P Joly, 1970.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 23 juillet 2015
 

L'extension des villes a parfois entraîné la destruction de logis autrefois construits à la campagne, sur des terrains gagnés par l'urbanisation. À la Tour-Chabot, à Niort, une demeure abandonnée a été rasée en 1970 ; un parc occupe aujourd'hui une partie de son emplacement. Le pigeonnier attenant a lui aussi été démoli, malgré l'attachement que lui portait la population du quartier.

Les pigeonniers, aussi appelés colombiers, ou fuies, selon l'époque ou la nature de leur construction, témoignent de pratiques disparues. On n'utilise plus la colombine, issue des déjections des pigeons, comme engrais. On ne se sert plus de pigeons voyageurs pour communiquer. Souvenirs enfin d'une société révolue, ils rappellent que le droit de posséder un ou plusieurs colombiers sur pied était l'un des privilèges de la noblesse sous l'Ancien Régime.

Ce symbole était alors si important que nombre de colombiers ont été construits avec autant voire plus de soin que les demeures elles-mêmes, et leur ont parfois survécu. À la Tour-Chabot, le pigeonnier, édifié dans la partie la plus haute et la plus visible du domaine, comme c'était souvent le cas pour ces édifices symboliques, remonte à la fin du 17e ou du début du 18e siècle. Le logis contemporain a été remplacé par une construction à la fin du 19e siècle (sa chapelle datait même de 1928).

Le pigeonnier a été remanié au moins deux fois au cours du 19e siècle. Il a d'abord été surélevé, avec une circonférence un peu rétrécie, au-dessus de la corniche en saillie destinée à prévenir l'intrusion des prédateurs des pigeons. Il s'élevait alors à 18 mètres, hauteur considérable par rapport à son périmètre modeste – une quinzaine de mètres -. Percé d'une large fenêtre et couvert de toits coniques (sur la tour et sur le lanternon) agrémentés d'une dentelle métallique sur leur pourtour, le pigeonnier ainsi transformé était certainement destiné à la plaisance ou aux loisirs.

Un propriétaire ultérieur lui a rendu ses fonctions de pigeonnier. La fenêtre a été bouchée ; de petites ouvertures pour le passage des pigeons ont été ménagées dans l'espace comblé et en face. Le toit a été remplacé par un dôme « à l'impériale », couvert d'ardoises, et le lanternon extérieurement garni de zinc. À l'intérieur, la structure de bois a été refaite. Un poteau portait une échelle tournante qui permettait l'accès aux boulins (trous pour la nidification des pigeons). Il y avait 186 boulins, disposés en 31 rangées de 6 alignements verticaux.

C'est là le dernier état connu de cette construction, disparue en 1970.

Auteur : Marie-Paule Dupuy

 
 

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