Monuments disparus : Batteries aux Portes-en-Ré (Charente-Maritime)

Carte de l'île de Ré en 1742 (détail). Musée Cognacq, Saint-Martin-de-Ré.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 23 juillet 2015
 

La disparition du patrimoine militaire peut avoir plusieurs origines. La première d'entre elles est naturellement la guerre ; ou encore, fortifications et remparts peuvent être démantelés à la suite d'une décision ou d'un changement politique ; les installations militaires enfin perdent rapidement leur fonctionnalité, du fait de la prompte évolution des techniques en ce domaine. C'est le cas, parmi tant d'autres, pour les batteries de l'île de Ré.

Aux Portes-en-Ré, par exemple, six batteries, éléments de fortification servant à disposer les pièces d'artillerie, avaient été progressivement établies à partir de la fin du 17e siècle. Inspectées chaque année, maintes fois réparées et améliorées pendant deux siècles, elles disparurent bien avant la Première Guerre mondiale. Le manque d'entretien, la structure peu élaborée de certaines - simples épaulements de pierre sèche -, ainsi que l'action de la mer et des tempêtes ont peu à peu effacé leurs traces.

Carte de l'île de Ré en 1742 (détail). Musée Cognacq, Saint-Martin-de-Ré. Reproduction Région Poitou-Charentes, inventaire du patrimoine culturel / J.-P Joly, 1977.

La Batterie royale...

L'une des batteries, située à l'est des Portes, en face des côtes de Vendée, a ainsi subi, entre les 24 et 26 février 1838, une tempête qui la dévasta ; dès le 9 mars suivant, l'ingénieur militaire compétent listait les dégradations dans un "mémoire". Cette batterie d'ailleurs a été particulièrement marquée par les remous de l'Histoire... dans son nom. Batterie royale depuis sa fondation, probablement en 1734, elle est devenue Batterie républicaine ci-devant royale en 1793, puis Batterie nationale entre 1795 et 1811, puis à nouveau Batterie royale en 1817, à la Restauration, et Batterie nationale en 1848, au moment de la révolution ; mais elle était encore dite nationale en 1854, sous le second Empire.

... pour tirer à boulets rouges

Dans certaines batteries, en arrière de la ligne des pièces à feu, on construisait parfois des "fourneaux à rougir les boulets" ; ce fut le cas en 1793 pour cette Batterie républicaine. Ces fours étaient spécifiques des batteries du littoral ; la menace de boulets chauffés au rouge empêchait l'approche des navires ennemis. L'expression "tirer à boulets rouges" est le souvenir de cette pratique...

Auteur : Marie-Paule Dupuy

Voir

 
 

À la une de l'Inventaire

  • Publications

    Publication "Focus Dangé-Saint-Romain"

    La publication sur le patrimoine de la commune de Dangé-Saint-Romain vient d'être mise en ligne. Découvrez l'histoire, les paysages et le patrimoine de cette commune de la Communauté d'Agglomération Grand Châtellerault.

  • Actualités

    Le Vanneau-Irleau

    L'inventaire d'une nouvelle commune débute actuellement dans le cadre de l'opération d'inventaire de la vallée de la Sèvre Niortaise. La commune du Vanneau-Irleau, dans les Deux-Sèvres, est étudiée à partir de septembre 2022.

  • Découvertes

    Les châteaux et manoirs de Persac

    Treize châteaux, manoirs et demeures de villégiature, dont la construction s’étale entre la fin du Moyen-Age et la fin du 19e siècle, voire au tout début du 20e, ont été repérés sur la commune de Persac...

  • Statuaire publique

    Le portrait de Samuel Périvier à Angles-sur-l'Anglin : une oeuvre inédite d'un général-sculpteur, devenu député, Eugène Riu

    Ce sculpteur au parcours étonnant a pu être identifié grâce à l'opération d'inventaire de la statuaire publique.

  • Actualités

    Availles-Limouzine

    L'inventaire du patrimoine des communes de la vallée de la Vienne se poursuit, à partir de juin 2022, par l’étude de la commune d'Availles-Limouzine.