Monuments disparus : Bateau-lavoir à Cognac (Charente)

 Le bateau-lavoir de Cognac. Carte postale fin 19e - début 20e siècle. Collection particulière.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 21 août 2015
 

Original, unique même en Poitou-Charentes était le bateau-lavoir établi quai des Flamands, à Cognac. Une convention passée le 16 février 1855 entre le maire de Cognac et le menuisier Joseph Daumet donne la date précise de sa construction ; on ignore celle de sa disparition - moins d'un siècle après.

Témoins de pratiques ménagères urbaines tombées en désuétude, les bateaux-lavoirs étaient de véritables édifices flottants, arrimés aux quais de façon permanente. Le plus grand nombre a aujourd’hui disparu, alors que les lavoirs ruraux ont souvent été restaurés.

De dimensions imposantes, le bateau-lavoir de Cognac disposait de vingt bancs-lavoirs, permettant à une centaine de personnes de travailler en même temps. Quatre chaudières fournissaient de l'eau chaude ; une cinquantaine de baquets de trempage de grande taille, ou cuviers, facilitaient le décapage des pièces volumineuses. Ces caractéristiques en faisaient une « usine de blanchisserie » d'une taille supérieure à la moyenne des bateaux-lavoirs.

Des compartiments fermant à clé étaient à la disposition des usagères, qui y entreposaient, notamment, leurs produits lessiviels. Il était doté d'un "cabinet d'aisances". Malgré son importance, il ne semble pas avoir comporté de logement pour le propriétaire-exploitant, comme dans la plupart des bateaux-lavoirs.

Son utilisation – comme celle de tous les bateaux-lavoirs de France, était strictement réglementée. La Revue d'hygiène et de police sanitaire paraît entre 1879 et 1940. Cette période correspond aussi à celle de l'activité des bateaux-lavoirs. Cette revue notifiait, en 1886, qu'il était dangereux de rejeter dans les eaux fluviales le produit de l'essangeage (trempage dans l'eau froide), destiné a éliminer les plus grosses impuretés. Par la suite, on fit donc séjourner le linge dans de l'eau additionnée de sels de soude ; cette eau, récupérée et portée à ébullition dans les cuviers, était ensuite "coulée" sur le linge. 

La partie supérieure du bateau-lavoir, bien aérée malgré sa couverture de zinc, servait à l'étendage, pour celles qui le désiraient. Mais, comme elle était étroite (ce qui n'était pas le cas de tous les bateaux-lavoirs), la majorité des femmes emportait le linge lavé pour le sécher ailleurs, au pré ou dans des greniers.

Certains bateaux-lavoirs ont survécu, devenant des restaurants, des salons de thé... – substituant au travail les loisirs de l'été, pour ceux qui pouvaient se les permettre. Ce ne fut pas le cas de celui de Cognac.


Vidéo de l'INA : Les derniers bateaux lavoirs [à Laval, sur la Mayenne],1970 

Reportage sur le dernier bateau lavoir de Laval. Installé sur la Mayenne, il perpétue la lessive à la main faite par des lavandières toujours attachées à cette manière de laver leur linge. Ce n'est malheureusement plus une activité suffisamment rentable et il est appelé à disparaître.

Voir la vidéo sur le site de l'INA, nouvelle fenêtre

Les derniers bateaux lavoirs
4 avril 1970 - 08min 03s
Émission : Vivre en France
Production : Office national de radiodiffusion télévision française, Office national de radiodiffusion télévision française Le Mans
Réalisation : Laurent Desprez
 

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