Monuments disparus : Prieuré Saint-Blaise de la Clairaie, au Bois-Plage-en-Ré (Charente-Maritime)

Un des dessins réalisés au début du 19e siècle qui montrent l'état de ruine du prieuré Saint-Blaise de la Clairaie au Bois-Plage-en-Ré, en Charente-Maritime.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 23 juillet 2015
 

Du prieuré de la Clairaie ne subsistent aujourd'hui que des pierres éparses remployées dans d'autres édifices de la commune, notamment au logis de la Tour-Malakoff.

Saint-Blaise n’existait déjà pratiquement plus dès le début du 19e siècle. C’était alors le temps du goût pour les ruines, célébrées par le peintre Hubert Robert dès la fin du 18e siècle. Le néoclassicisme, né de la découverte des cités antiques italiennes, allait s’éteindre avec le premier romantisme.

Album-photos

Photographies © Région Poitou-Charentes, inventaire du patrimoine culturel / Alain Maulny, 1971.
 

C'est sous le titre : Les ruines du temple de la déesse Rhea en 1832, que fut réalisée l’une des premières aquarelles représentant le prieuré. Ernest Lemarié, qui habitait l’île de Ré, avait ainsi intitulé son œuvre, en référence à l’un des noms latins de l’île, Rea. Il était tentant pour les « antiquaires » de trouver un rapport entre Rea et la déesse antique Rhea, fille du Ciel et de la Terre et mère de plusieurs divinités, dont le dieu de la mer Neptune. Il est vrai qu'un édifice romain avait été découvert, en 1821, aux abords des ruines.
Pour certains encore, le prieuré était élevé sur les vestiges d’un sanctuaire antique dédié à Neptune comme en témoigne le titre d'un autre dessin : Ruines du prieuré Saint-Blaise de la Clairaie, près du Rouland à l’île de Ré construit sur les restes d’un ancien temple romain dédié à Neptune. Tous cependant ne faisaient pas de la ruine celle d’un temple antique, comme le prouve un autre dessin de 1832 intitulé Le dernier pan de mur du prieuré de la Clairaye situé jadis entre St Martin et le Morinan.

Certains auteurs faisaient remonter le prieuré au 6e siècle de notre ère. Mais les premières traces écrites le concernant ne datent que du commencement du 15e siècle ; il était alors fortifié.
Il apparut une dernière fois dans l’Histoire au moment de la Révolution : les objets du culte furent vendus, le conseil municipal tint ses réunions dans ce qui restait des bâtiments.
Dès 1809, il servit de carrière pour la construction du logis voisin de Millefleurs. En 1857, une sculpture figurant un blason et ses tenants fut déterrée dans les ruines. On déclara que c’étaient les armoiries d’un abbé de Brichinville, dernier commendataire du prieuré. Théodore Phelippot (1829-1905), érudit, maire du Bois-Plage, dont les collections furent à l’origine du musée Ernest-Cognacq de Saint-Martin, la fit remployer dans son logis de la Tour-Malakoff. Il fit aussi placer dans les murs des pierres tombales provenant du cimetière prioral.

En 1867 déjà, il ne subsistait plus rien de Saint-Blaise de la Clairaie. Seules les aquarelles et dessins appartenant aux collections de la Médiathèque de la Rochelle et du musée Ernest-Cognac, montrent les images des moments successifs de sa lente destruction.

Auteur : Marie-Paule Dupuy.

 

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