Monuments disparus : Fermes et maisons à Juillé (Charente)

Une des maisons du 15e siècle, aujourd'hui disparues, à Villesoubis, sur la commune de Juillé (Charente).
Découvertes
 
  • Mis à jour le 23 juillet 2015
 

Au hameau de Villesoubis, dans la commune de Juillé, le temps a eu raison de quelques fermes et maisons dont l'origine remontait au moins au 15e siècle. Leur ruine était déjà fort avancée en 1971, comme en témoignent les photographies de l'inventaire prises cette année-là.

Toutes ces maisons présentaient alors des sols en terre battue, des murs en moellons qui contrastaient avec la finesse de certains éléments décoratifs. Toutes possédaient des caractéristiques architecturales du 15e siècle. Peut-être faisaient-elles partie des bâtiments que le prieuré de bénédictines de Tusson possédait sur la commune de Villesoubis.

Album-photos

Photographies © Région Poitou-Charentes, inventaire du patrimoine culturel / Marcel Reible, 1971.
 

L’une des maisons comportait une habitation à un étage, avec une dépendance accolée. Une porte, à encadrement chanfreiné, était surmontée d’un linteau monolithique orné d'une accolade et d'une petite fleur de lys. Une autre porte sans décor, avec un seuil de pierre, était surmontée de deux fenêtres qui conservaient des traces de leur appui saillant ; l'une d'elles avait également un encadrement chanfreiné.

Une treille courait encore sur la muraille, comme sur celle de la maison suivante qui offrait une façade caractéristique de certaines maisons rurales charentaises. L'habitation et l'étable étaient en rez-de-chaussée et le grenier à l'étage. On y entreposait le foin, qui séchait à la chaleur des pièces du dessous. L’accès au grenier se faisait par une échelle. L'étable était éclairée par des petites fenêtres jumelles. Au-dessus, une pièce pouvait être la « belle chambre », celle où les fermiers recevaient le propriétaire lorsqu'il visitait l’exploitation. Sur le côté du mur pignon, une autre ouverture, sommée d’une accolade, avait conservé intacts son appui saillant et son encadrement aux chambranles moulurés. À l’intérieur demeurait une cheminée au manteau constitué d’une énorme poutre ornée d’un blason muet. Il était soutenu par des piédroits monolithiques sculptés.

D’un troisième édifice, plus ruiné encore, et qui avait comporté un puits et un lavoir, ne subsistait guère qu’une imposante cheminée adossée, avec un blason indéchiffrable, au centre du manteau.

Une autre maison enfin présentait une fenêtre au décor particulier. Une triple accolade était sommée d’une fleur de lys finement sculptée. Dans sa partie centrale figurait la tête d’un petit personnage. Sa coiffure pointue, chevelure tirée vers le haut ou bonnet, épousait le creux de l’accolade. Et ses longues oreilles n’étaient pas sans ajouter quelque malice à ce mystérieux personnage.

Auteur : Marie-Paule Dupuy.

 
 

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