"Une vie, une usine" : employé d'une laiterie coopérative

Roger Sicot, employé d'une laiterie coopérative
Découvertes
 
  • Mis à jour le 16 mars 2016
 

Roger Sicot nous confie ses souvenirs de quarante ans de travail à la laiterie coopérative d'Echiré, dans les Deux-Sèvres. De 1964 à 2004, il a occupé différents postes dans cette usine : au ramassage du lait, à sa réception, puis à l'écrémage et à la pasteurisation.

 

Vidéo "Les sociétaires"

Vidéo réalisée par Dominique Cambon pour la Région Poitou-Charentes, dans le cadre de l'inventaire des mémoires des employés des laiteries coopératives, mars 2014.


"Une vie, une usine" : les sociétaires par Region-Poitou-Charentes


Le dépotage

Roger Sicot entre à la laiterie parce que la ferme familiale est trop petite pour qu'il y reste. Il est d'abord employé au déchargement des camions de ramassage (le dépotage), et au lavage des bidons de lait. Il ne travaille que le matin.

« Je déchargeais les camions, les bidons étaient vidés sur une balance, dans un bac. C'était pesé. Après, les bidons, on les mettait sur un égouttoir, et ils étaient lavés dans une machine dont un gars s'occupait, un autre gars les classait sur le quai avec le petit lait restitué aux sociétaires pour nourrir les cochons. »  

La collecte de lait de chèvre

Il est embauché par la suite pour toute la journée ; il lave les camions l'après-midi. Puis, pendant une vingtaine d'années, il collecte le lait de chèvre dans les fermes.

« Avec un petit camion, on mesurait le lait chez les clients avec le décalitre. C'était des petites quantités, et le lait partait à la fromagerie de Soignon. »

Écrémage et pasteurisation

Le départ d'un collègue le conduit, pratiquement jusqu'à la retraite, au poste d'écrémage et de pasteurisation.

« Le matin quand j'arrivais, je lavais mes écrémeuses et je les montais. Et après, peut-être une heure et demi plus tard, on écrémait et on pasteurisait en même temps la crème à 100/110 degrés. Elle était ensuite refroidie, et on rajoutait des ferments lactiques pour la faire épaissir et que le beurrier fasse son beurre le lendemain matin. On faisait aussi la vente de petits pots de 250 et 100 g, alors on mettait la crème épaisse dans des pots .»

«  On démontait l'écrémeuse [constituée d'un bol et d'assiettes], on enlevait les déchets autour du bol, on faisait tremper les assiettes, au total ça en faisait 144. Et puis, le lendemain matin, on les nettoyait et on les remontait. »

Polyvalence et double activité

Pendant sa fin de carrière, Roger Sicot fait des remplacements et devient polyvalent.
Son emploi du temps lui permettait de compléter son salaire de la laiterie par du jardinage chez des particuliers, parfois même par l'entretien de la laiterie qui était réalisé par les ouvriers.

« Comme j'habitais pas loin, à 5 minutes, on venait me chercher pour remplacer le collègue absent. C'est ça un peu la contrainte du truc... Quand t'es trop près, ça te tombe sur le dos ! »

« Quand j'étais jeune, je faisais le manœuvre, je faisais ce qu'on me disait de faire, mais c'était pas déplaisant au fond, parce que ça m'a appris pas mal de choses ! »

La coopérative

Une laiterie coopérative résulte du regroupement d'agriculteurs qui mutualisent la production, ainsi que la vente du beurre ou des fromages et se partagent les bénéfices. Ces agriculteurs, appelés sociétaires, détiennent des parts du capital social de la coopérative, proportionnelles à la quantité de lait qu'ils fournissent. Les employés peuvent également avoir des parts sociales s'ils le désirent.

« Les agriculteurs, les sociétaires, c'est eux qui nous font vivre ! Ils ont des parts sociales. La laiterie leur paye tant du litre de lait selon sa qualité. Si la laiterie a des excédents, elle donne à ses sociétaires un complément de paye de lait. »


L'album

Remerciements à Roger Sicot.
Auteur : Pascale Moisdon

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