"Une vie, une usine" : laitier dans une laiterie coopérative

"Une vie, une usine" : laitier dans une laiterie coopérative
Découvertes
 
  • Mis à jour le 16 mars 2016
 

Pierre Deborde a été laitier dans les Deux-Sèvres pendant 40 ans. Il se souvient de son métier pour les laiteries coopératives de Frontenay-Rohan-Rohan de 1964 à 1970, puis d'Echiré de 1971 à 2003.

 


Vidéo "Laitier"


"Une vie, une usine" : laitier dans une... par Region-Poitou-Charentes

Pierre Deborde, qui habite à Saint-Symphorien, relate ses souvenirs de laitier dans les Deux-Sèvres, de 1964 à 2003 : pour la laiterie coopérative de Frontenay-Rohan-Rohan, puis celle d'Echiré.
Vidéo réalisée par Marlène Le Gal pour la Région Poitou-Charentes, dans le cadre de l'inventaire des mémoires des employés des laiteries coopératives, juin 2013. Durée : 00:07:37

De la collecte en bidons...

À ses débuts, Pierre Deborde est ramasseur indépendant, propriétaire de son véhicule et payé à la journée.

« Ah, le ramassage ! Je vais vous dire, j’étais jeune, j’avais vingt ans, je sautais facilement du camion. Ma première tournée, vous allez rire de ça, 71 sociétaires et je collectais à peu près mille litres de lait. Je collectais même le lait de chèvre en bouteille d’un litre, voire même d'un demi-litre. »

Personnalité familière, il est souvent convié à boire le café pendant sa tournée.

« Au départ c’était un peu la vie de famille, de temps en temps j’emmenais une grand-mère à la pharmacie chercher ses médicaments. »

« On collectait, on mettait ça dans un grand bidon et on marquait sur un livret la quantité collectée chez chaque sociétaire. Tous les 22 ou 23 de chaque mois, on ramenait les livrets à la coopérative qui comptait la collecte du mois et on nous donnait l’argent en liquide pour payer les sociétaires. »

… au camion-citerne

Lorsque la tournée s'agrandit, le véhicule de Pierre Deborde s'avère trop petit. Le directeur de la laiterie propose alors de le salarier et de lui confier un camion-citerne, après l'obtention de son permis poids-lourds.
À la suite du regroupement de la laiterie avec celle d'Echiré, en 1971, la collecte de lait s'effectue sur une distance beaucoup plus longue, d'une centaine de kilomètres, à faire en deux tournées. Le matin, l'embauche se fait à 4 h 30 à la laiterie d'Echiré pour un retour à 13 h une fois les deux tournées effectuées, le camion et la citerne nettoyés et les comptes remis au bureau.

« À la fin, le laitier n’avait plus du tout le même rôle que les premières années, ce n'était plus qu'un chauffeur qui collectait. »

En raison des normes sanitaires, les laitiers, équipés pour un travail en extérieur, n'ont plus de contact avec les employés de la laiterie.

« Nous, on avait une tenue bleue de chauffeur, mais eux dedans ils avaient la tenue blanche, les bottes blanches, la charlotte et les gants. En tenue blanche, ils n’avaient pas le droit de sortir venir nous voir sur le quai, ou alors très rapidement.»

De retour chez lui en début d'après-midi, Pierre Deborde travaille sur l'exploitation qu'il a reprise au moment de la retraite de sa mère.

« C’était un boulot qui me plaisait parce que j’étais dedans, agriculteur de souche par ma mère, par mon grand-père, par tout... C’était mon boulot et je l’aimais, mais à la fin, la façon de travailler, la façon d’être reçu, tout avait complètement changé. Pour moi, peut-être pas pour les autres.»

 

L'album

Remerciements à Pierre Deborde.
Auteur : Pascale Moisdon

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