"Une vie, une usine" : ouvrier chez Sécatol

Michel Tête a travaillé 40 ans chez Sécatol.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 25 juin 2013
 

Michel Tête livre les souvenirs de ses années de travail en tant qu'ouvrier dans l'usine de chaudronnerie Sécatol à Saint-Benoît (Vienne), de 1962 jusqu'à sa retraite en 2004. Tout d'abord ouvrier, il devient ensuite agent de maîtrise, puis responsable de l'unité de fabrication des prototypes.

Sécatol

La société Sécatol est créée en 1947. Il ne s'agit alors que d'un petit atelier de réparation de radiateurs automobiles, installé en ville, à Poitiers. Au début des années 1950, l'entreprise en plein essor se spécialise dans la fabrication de bennes à béton pour grues de chantier. Du fait de ce développement, le site de production est transféré, en 1957, sur la commune de Saint-Benoît ; l'usine s'y trouve encore aujourd'hui et reste leader dans le secteur du béton.

 

Documents Sécatol, sauf photographies 3 et 6 : Stéphane Baillargeau et Camille Bodin (Mission de service civique Mémoires ouvrières de Saint-Benoît). Région Poitou-Charentes, inventaire du patrimoine culturel, 2013.



Une entreprise innovante et en constante évolution...

Après un CAP de serrurier-métallier, Michel Tête est embauché à 18 ans chez Sécatol.
Il a vu de nombreuses évolutions techniques tout au long de sa carrière, et notamment celles du produit phare de l'usine, la benne à béton : « c'était mécanique, et après ça a évolué en hydraulique, télé-mécanique et puis maintenant c'est électronique, ce sont des commandes électroniques ». L'entreprise est également pionnière au niveau des conditions de travail et de sécurité : « À Sécatol on avait des chaussures de sécurité, je pense qu'on était dans les premiers ! ». Il travaille sur des chantiers inédits, ceux des prototypes : il raconte comment, pour les vergers de Gâtine, l'entreprise a dû fabriquer un élévateur spécial, à la fois très étroit et très haut, afin de cueillir les fruits.
 

Le texte de l'entretien :

- Alors j'ai dû sortir du lycée avec un bac technique, c'était en... j'ai commencé un an à la Pile Leclanché, ça devait être en 1961, parce que je suis rentré chez Sécatol en septembre 1962, donc je suis parti de la Pile à Chasseneuil, pour la bonne raison c'est que j'avais remplacé un chef d'atelier. Donc j'ai remplacé et j'ai travaillé de nuit, et on a dû me remplacer, ça devait être une période, je ne sais pas moi un mois, deux mois, trois mois et puis au bout de 5/6 mois je suis parti parce que j'en avais ras le bol de travailler de nuit.
- Et comment avez-vous été embauché ?
- Oh à cette époque là c'était facile, vous quittiez une boîte et vous rentriez dans une autre le lendemain matin. À Sécatol, j'ai été embauché comme ouvrier c'est vrai, ouvrier à Sécatol.

 

… qui permet l'évolution de son personnel

Du fait de l'amélioration rapide des techniques et de l'ingénierie relatives au béton, l'entreprise et son personnel ont subi de nombreux changements. La carrière de Michel Tête reflète cette évolution : entré comme simple ouvrier, il devient agent de maîtrise, puis responsable d'un secteur en lien direct avec l'innovation, celui des prototypes. Beaucoup de postes d'ouvriers sont supprimés du fait de l'amélioration des procédés de construction : « il y a eu sur les machines beaucoup plus de précision, on a eu le laser, ce qui a supprimé pas mal de personnes. Une pièce pour laquelle il fallait avoir une dizaine de personnes, la machine au laser faisait le travail de ces 10 personnes ». Aujourd'hui, l'entreprise n'emploie plus que 60 personnes, contre 200 environ en 1962, au début de la carrière de Michel Tête.

Auteurs : Stéphane Baillargeau et Camille Bodin (Mission de service civique Mémoires ouvrières de Saint-Benoît)

 

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