Mémoires d'ouvrières à Rochefort

Atelier de couture chez Zodiac, à Rochefort, vers 1970. © Collection  particulière, Archives municipales de Rochefort.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 3 septembre 2013
 

À Rochefort (Charente-Maritime), des anciens salariés de la Pyrotechnie du Vergeroux, de Zodiac et des Bois Déroulés ont livré leurs souvenirs. Parmi eux, des femmes...

Les femmes au travail pendant la Seconde Guerre mondiale

Aux Bois Déroulés, elles remplaçaient les hommes, travaillant la nuit aussi. Après la guerre, elles furent intégrées dans des équipes mixtes, seulement le jour, la législation leur interdisant le travail de nuit. Chez Zodiac, le personnel était presque exclusivement féminin durant l'occupation allemande. À la Pyrotechnie, certaines femmes occupaient des postes de secrétaires ou de comptables ; il s'agissait des épouses d'hommes trop âgés pour le front et appelés en renfort au Vergeroux. Après la guerre, les femmes n'y furent plus que cantinières ou secrétaires, les métiers de pyrotechnicien, d'artificier et de gestionnaire, reliés à la Marine, étant exclusivement masculins.

Les ouvrières de Zodiac

Dès les années 1930 et jusqu'à l'arrivée des machines dans les années 1950-1960, la fabrication des bateaux pneumatiques Zodiac (la principale production de l'usine) requérait de nombreuses opérations minutieuses de couture et de collage, que l'on confiait à des ouvrières. Elles assuraient aussi la formation des nouvelles et pouvaient également être chef d'équipe. Les postes réservés aux hommes étaient ceux de mécaniciens, de menuisiers ou de manœuvres. Malgré une apparente convivialité, les conflits étaient nombreux. Par ailleurs, ce monde de femmes avait mauvaise réputation.

Ouvrières aux Bois Déroulés

Dès la création de l'usine en 1918, les femmes travaillaient à la fabrication d'allumettes. Plus tard, certaines tâches comme le collage leur furent entièrement dévolues en tant que « petites mains ». Elles pouvaient aussi travailler sur les mêmes machines que les hommes, mais à des postes de subalternes. La mixité se retrouvait aussi lors des moments conviviaux, à l'usine comme en dehors.

 

 

Les mémoires ouvrières de Rochefort

La Pyrotechnie, Zodiac et les Bois Déroulés étaient trois entreprises liées au complexe militaire et industriel de l’arsenal, à la reconversion avec l’aéronautique et au développement économique du fleuve Charente. Elles ont été choisies pour l'enquête sur les mémoires ouvrières réalisée en 2011, pour mieux comprendre l'histoire de Rochefort après la cessation d'activité (en 1927) de l'Arsenal, cœur de la vie économique et sociale de la ville pendant plus de 250 ans.

Petite histoire des trois entreprises

La Pyrotechnie du Vergeroux

Sur les bords de la Charente, la Pyrotechnie a été créée en 1771, au Vergeroux, à quelques kilomètres de Rochefort, à la suite d'une explosion à l'Arsenal : le but était d'éloigner les poudres de la ville. Jusqu'à sa fermeture en 1993, la Pyrotechnie, établissement de la Marine, fabriquait, stockait et détruisait tous types de munitions, sur le site du Vergeroux comme sur toute la côte atlantique.

Les Bois Déroulés

La Compagnie nantaise des Bois déroulés et contreplaqués, fondée en 1918 par Joseph Jourdain de Muizon (1890-1958), installa, la même année, une usine à Rochefort. Cette dernière, bâtie près du port, pouvait recevoir directement les bois importés, principalement de l'okoumé du Gabon. Dans les années 1970, elle occupait une superficie de 15 hectares, tout près du quartier ouvrier de la Cabane Carrée, et employait environ 850 personnes.

Zodiac

La société Zodiac, héritière des établissements Mallet, fut créée en 1911, à Puteaux (Hauts-de-Seine). En 1937, une usine du groupe s'installa dans une partie de l'Arsenal de Rochefort. Elle se spécialisa, à partir des années 1950, dans la fabrication des bateaux pneumatiques, aujourd'hui toujours emblématiques de la marque Zodiac. L'usine employa jusqu'à 700 personnes au début des années 1980, dont deux-tiers de femmes. Depuis la fin de cette décennie jusqu'à la fermeture de l'usine en 2009, des vagues de grèves et de licenciements collectifs touchèrent le personnel et marquèrent profondément la ville.

Auteur : Camille Bodin. Les textes sont extraits du module à paraître de l'exposition "Paroles ouvrières de Poitou-Charentes"

 

  Voir l'exposition "Paroles ouvrières de Poitou-Charentes"

 
 

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