Monstres dans l'art roman

Lion ailé. Chapiteau du chœur, église Saint-Pierre à Chauvigny (Vienne). © Région Poitou-Charentes, inventaire du patrimoine culturel / R. Jean, 2009.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 17 octobre 2016
 

L'abondance des sujets animaliers et monstrueux est une des particularités du décor sculpté des églises romanes de Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vienne. Elle coïncide avec l'essor, au 12e siècle, de la sculpture sur ce territoire de pierre calcaire facile à travailler. Ces monstres jouent un rôle important dans le message religieux de ce temps où domine la lutte du bien et du mal.

Des animaux et des monstres réels...

La plupart  des créatures monstrueuses représentées dans les églises romanes sont  citées dans la Bible et peuplent également les mythes orientaux, grecs, romans, celtiques ou scandinaves. Elles sont considérées comme réelles, vivant dans des contrées lointaines, et sont généralement assimilées au règne animal.

 

… démoniaques ou bienfaisants...

Les monstres sont souvent assimilés au diable, au péché, au mal en général. Ces animaux et êtres hybrides effrayants signalent au fidèle sa nature imparfaite et lui rappellent que l'enfer est promis à ceux qui ne respectent pas les préceptes de l'Église. Cependant, ils peuvent parfois symboliser le bien, comme le caladrius qui possède des pouvoirs de guérison.

 

... décrits dans les bestiaires

Le plus ancien livre animalier chrétien connu est le Physiologus, écrit au deuxième siècle après notre ère. Son auteur y décrit les caractéristiques et les valeurs spirituelles d'une soixantaine d'animaux (dont des monstres) considérés comme des figures symboliques chrétiennes.
Inspirés du Physiologus, les bestiaires sont des livres d'histoire naturelle. Les animaux y sont classés en cinq familles : quadrupèdes, oiseaux, poissons, serpents, vers (insecte, petits rongeurs...). Les descriptions animalières évoquent des comportements humains et renvoient à des valeurs morales chrétiennes.

Dragons...

Le dragon est un des monstres les plus représentés dans les églises romanes. C'est le plus grand des serpents, il crache du feu empoisonné. Il a parfois des ailes et des pattes griffues et sa tête peut être celle d'un lion, d'un bœuf ou d'une chèvre. Il représente souvent le mal, le diable.

… et basilics

Petit serpent au venin et au regard mortels dans la tradition gréco-romaine, le basilic à l'époque romane est un dragon. C'est un coq à queue de serpent qui ne peut être vaincu que par des belettes.

Griffons

De la famille des oiseaux, le griffon a souvent un corps de lion, roi de la terre qui incarne courage et force, et une tête et des ailes d'aigle, roi du ciel qui symbolise ruse et vigilance. Cet animal légendaire est représenté depuis 6 000 ans. Considéré par les premiers auteurs chrétiens comme l'incarnation du démon, il devient au cours du Moyen Âge un symbole de la double nature, humaine et divine, du Christ.

Sirènes... poissons et oiseaux

De la famille des poissons, la sirène a le plus souvent un buste de femme et la queue d'un poisson. Elle a parfois la forme - héritée de la tradition gréco-romaine - d'un oiseau à tête de femme ou d'homme, quelquefois barbu. Elle symbolise la tentation.

Texte de l'exposition "Monstres dans l'art roman en Poitou-Charentes", Christine Sarrazin.


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