Le premier mai à l'époque romane

Femmes dansant la carole, une ronde ouverte ou fermée qui est la principale danse de l'époque romane. Vie de sainte Radegonde par Venance Fortunat (vers 1100). Ms 250 (136), détail du folio 40. © Poitiers, Médiathèque François-Mitterrand. O. Neuillé.
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Le premier mai est aujourd'hui un jour férié et chômé, dédié à la fête du travail. À l'époque romane, le premier mai s'inscrit déjà dans le calendrier de fêtes annuelles. Il ouvre le "cycle du printemps", de nature essentiellement agricole. Cette période comprend peu de festivités de nature religieuse. Elle s'inscrit vraisemblablement dans la continuité de traditions antiques commémorant le retour du printemps.

Le premier jour de mai, des animations profanes célèbrent le renouveau de la nature. Les jeunes gens plantent et dansent autour d'un jeune arbre, le may, ou déposent des rameaux de verdure devant la maison des jeunes filles courtisées... Cette tradition du may planté pour fêter le printemps sera une des origines des arbres de la liberté de la Révolution, arbres du renouveau.

Parmi les fêtes de ce jour, se déroule une compétition d'archers : ces derniers doivent abattre un coq situé en haut d'un arbre. Le vainqueur devient, pendant un an, le roi des archers. Le coq est un animal doublement présent le premier mai. Ce jour là, un coq vieux de sept ans pond un œuf d'où naît le basilic, coq à queue de serpent au regard mortel. Cet animal, qui fait partie de la famille des dragons, est un des monstres maléfiques auxquels croient les hommes de l'époque romane.

 

Archer tirant sur un coq. Liber Epistola Totius... Ms32 (259) Détail du folio 91 recto. © Poitiers, Médiathèque François-Mitterrand. O. Neuillé.

Auteur de l'article : Christine Sarrazin

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