Hilaire de Poitiers

Statue en pierre polychrome représentant saint Hilaire, datée du 17e siècle.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 2 décembre 2013
 

Hilaire est le premier évêque connu de Poitiers, où il est né au début du 4e siècle. Auteur d'importants ouvrages sur la doctrine chrétienne, il est reconnu, dès sa mort, comme un des Pères de l’Église. Sa sépulture a été l'objet d'un pèlerinage renommé pendant des siècles, notamment à l'époque romane.

L'église Saint-Hilaire le Grand

Fondé avant le 7e siècle, le monastère Saint-Hilaire le Grand à Poitiers a été, jusqu'à la Révolution, un des plus importants établissements religieux de la ville. Une nouvelle église est construite au 11e siècle ; elle abrite le tombeau d'Hilaire, découvert lors d'une seconde campagne de travaux. La tombe du saint sera détruite en 1562, pendant les guerres de Religion.

Le Guide du pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle (ouvrage du 12e siècle) invite le voyageur empruntant la voie de Tours pour aller en Galice, à s'arrêter à Poitiers pour vénérer les reliques de saint Hilaire, et mentionne que le tombeau est décoré « à profusion d'or, d'argent et de pierres précieuses ; sa grande et belle basilique est favorisée par de fréquents miracles ».

De l'église romane subsistent aujourd'hui le transept, le chœur, ainsi que la crypte. Cette dernière, restaurée au 19e siècle, abrite aujourd'hui une châsse qui contient les reliques de saint Hilaire.

Hilaire, évêque de Poitiers

La vie d'Hilaire est assez mal connue. Il naît vers 315 à Poitiers. Sa famille est vraisemblablement païenne. Le jeune Hilaire fait des études latines. Il se marie et a une fille dénommée Abre. Vers 345, Hilaire est baptisé dans la religion chrétienne nouvellement autorisée dans l'empire romain. Il est ordonné prêtre, puis élu évêque de Poitiers vers 350.

La lutte contre l'hérésie et l'exil

Hilaire prend ses fonctions à une période où les chrétiens sont divisés par l'arianisme, doctrine théologique apparue au début du 4e siècle : alors que l'Église considère Jésus, le Fils de Dieu né d'une femme, comme un être en même temps homme et Dieu, les ariens nient la nature divine de Jésus. Cette doctrine, condamnée par l'Église en 325, est soutenue par plusieurs empereurs. Pour s'y être opposé, Hilaire est exilé en 356 en Phrygie, région de l'empire romain située dans l'actuelle Anatolie (Turquie). Il y découvre les auteurs chrétiens de langue grecque. Ces nouveaux apports lui permettent de rédiger son traité majeur sur la question arienne, La Trinité, qui propose une voie médiane entre les tenants et les opposants à l'arianisme.

Le retour à Poitiers

Hilaire est autorisé à rentrer en Gaule vers 359/360 et redevient évêque de Poitiers. Son œuvre s'enrichit de plusieurs traités religieux et d'hymnes (poèmes célébrant la gloire de Dieu). Sa célébrité attire auprès de lui Martin, ancien soldat de l'armée romaine converti au christianisme qui se consacre à l'évangélisation des campagnes. En accord avec l'évêque, Martin s'installe près de Poitiers avec quelques disciples. Ce « monastère » est à l'origine de l'abbaye de Ligugé.

Le retour d'Hilaire est endeuillé par le décès de sa fille Abre, puis par celui de son épouse. Elles sont enterrées dans la grande nécropole qui s'étend au sud de la ville. Hilaire meurt quelques années plus tard, vers 367/368. Il est inhumé aux côtés de son épouse et de sa fille.

C'est sur le lieu présumé de sa sépulture que sera fondée une première église, autour de laquelle se développera le monastère Saint-Hilaire le Grand. À l'emplacement de la maison où serait mort Hilaire sera construit le monastère Saint-Hilaire de la Celle, dont les bâtiments subsistants abritent aujourd'hui le CRDP (centre régional de documentation pédagogique).


Cénotaphe (monument funéraire sans tombe) de saint Hilaire réalisé vers 1100. Il ne reste du monument commémoratif que cette face. Hilaire est représenté mort, entouré de disciples et de deux anges. L'un des deux tient un petit personnage nu figurant l'âme de Hilaire. Chapelle des Augustins, ancienne abbaye Saint-Hilaire de la Celle à Poitiers. © Région Poitou-Charentes, inventaire du patrimoine culturel / G. Beauvarlet, 2013.
 

Auteur : Christine Sarrazin

 

Voir

  Lieux de pèlerinage à l'époque romane

 
 

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