Art roman et Monuments Historiques en Poitou et en Charentes

Dessin de l'église Saint-Pierre d'Airvault publié dans Arnault. Ch. Monuments religieux, militaires et civils du Poitou, Deux Sèvres, 1843.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 16 juillet 2018
 

Établie en 1840, la première liste des monuments historiques compte pour les départements de Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vienne, 56 édifices, dont la moitié sont construits à l'époque romane.

C'est au 19e siècle que naît l'intérêt pour le Moyen Âge, période jusque-là méprisée. L'étude de l'architecture médiévale aboutit alors à sa classification en deux groupes : l'art « roman » et l'art « gothique ». Parallèlement, la destruction, depuis la Révolution, de nombreux édifices anciens incite l'État à se pencher sur la protection du patrimoine national.

L'invention de l'art « roman » au 19e siècle

À partir de la Renaissance, ce qu'on appelle aujourd'hui le Moyen Âge est considéré par les élites comme une période sombre. Les productions de ces dix siècles (du 5e au 15e siècle) sont qualifiées de « gothiques », expression alors péjorative faisant référence aux barbares.

Ce n'est qu'au 19e siècle que les historiens, archéologues et politiques, qui cherchent à construire une histoire de France, se penchent sur cette période et son architecture. Le Moyen Âge est dès lors considéré comme une période riche, féconde, creuset de la nation française, qu'il convient d'étudier.
Les édifices, essentiellement des églises et des châteaux, sont ainsi séparés en deux ensembles :

  • Les édifices où les arcs brisés et les voûtes d'ogives sont majoritaires gardent le qualificatif « gothiques », qui perd sa connotation négative. Ces formes se retrouvent entre le 13e et le 14e siècle.
  • Les édifices antérieurs (11e et 12e siècles), où dominent les arcs en plein cintre et les voûtes en berceau, sont qualifiés de « romans ». Ce terme est utilisé pour la première fois, en 1818, par Charles de Gerville. Il fait référence aux langues romanes dérivées du latin, comme le français ou espagnol, et à l'architecture romaine, à laquelle l'architecture romane emprunte certaines de ses formes.

Protéger et restaurer : la création des Monuments Historiques

C'est au 19e siècle que se met en place la première politique de protection et de restauration des édifices anciens. Il devient important de conserver ces traces visibles du passé afin d'alimenter une histoire nationale alors en élaboration.

En 1830 est créé le poste d'inspecteur des monuments historiques. Le premier nommé est Ludovic Vitet, puis, en 1834, le célèbre Prosper Mérimée. L'inspecteur dresse la liste des édifices ayant un intérêt artistique ou historique et veille à la bonne conduite des travaux subventionnés par l’État. Des crédits sont dévolus à l'entretien et la restauration des édifices classés. Afin d'aider l'inspecteur dans sa tâche, est créée, en 1837, la commission des monuments historiques qui donne un avis sur les demandes d'aides financières.

La première liste de monuments historiques de 1840

La première liste de monuments historiques est établie, en 1840, par les préfets de département. Les édifices y sont classés suivant l'urgence des travaux de restauration à réaliser. Cette liste comporte des monuments gaulois, gallo-romains, médiévaux et quelques-uns de la Renaissance. Aucun n'est postérieur au 16e siècle. À la fin du 19e siècle, ce sont plutôt des monuments de la Renaissance qui seront protégés..

Le Poitou et les Charentes comptent 56 édifices sur la liste de 1840. Tous sont antérieurs au 17e siècle et la moitié sont construits à l'époque romane, période d'un élan de création artistique en Poitou, Saintonge et Aunis.

Voir

  Exposition "L'art roman en Poitou-Charentes" (2013)
  Publication "Un livre de 1845: Les peintures de l'église de Saint-Savin"

Pour aller plus loin:

 

Auteurs: Noémie Lechat et Christine Sarrazin

 
 

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