Plans et organisation d'églises romanes

Écorché de l'église Saint-Hilaire à Melle (Deux-Sèvres). Dessins : J. Monfort, 2009
Découvertes
 
  • Mis à jour le 17 octobre 2016
 

Au cours des 11e et 12e siècles, les églises romanes offrent une grande variété de plans, plus ou moins complexes, qui dépendent de leur importance, de leur destination et de la richesse de leurs commanditaires...

L'essor des pèlerinages et du culte des reliques influent également sur leur conception. Leur architecture s'adapte aux besoins du culte : certains espaces sont réservés aux religieux, d'autres destinés aux fidèles et d'autres encore aux pèlerins.
 

Des petites églises au plan allongé...

L'église Saint-Léger à Champagné-le-Sec (Vienne) et son plan allongé.

Les édifices les plus simples, dont les églises paroissiales, se composent généralement de deux éléments : une nef de plan rectangulaire pour les fidèles et un chœur ; cet espace sacré est terminé par une abside le plus souvent semi-circulaire. La majorité des églises romanes sont bâties selon ce plan allongé comme l'église Saint-Léger à Champagné-le-Sec. Une travée avant chœur se trouve parfois entre la nef et l'abside ; elle soutient souvent le clocher comme à l’église Saint-Cybard à Roullet-Saint-Estèphe.

 

Photographies : © Région Poitou-Charentes, inventaire du patrimoine culturel : R. Jean, 2006 et 2009 (2,5) ; C. Rome 2006, 2010 et 2013 (3,4,6).

 

… aux églises en croix latine

L'église Notre-Dame à Fontaine-le-Comte (Vienne) et son plan en croix latine.

La plupart des églises de grande taille sont construites selon un plan en croix latine : entre la longue nef rectangulaire et le chœur prend place le transept, vaisseau transversal perpendiculaire à la nef. Il facilite le déplacement des religieux lors de cérémonies. La nef est constituée d'un vaisseau unique ou de trois vaisseaux pour les édifices les plus imposants. Ce plan nécessite une main d’œuvre de qualité et concerne donc des édifices richement dotés par des seigneurs ou des religieux : monastères, cathédrales, collégiales... Ces églises possèdent souvent deux petites chapelles semi-circulaires associées au transept : les absidioles. C'est le cas de l'église de l'abbaye Notre-Dame à Fontaine-le-Comte. Le chœur est, dans de rares cas, doté de chapelles rayonnantes qui abritent les autels servant à des messes privées. Cette disposition existe à l'église Saint-Maurice de Montbron qui possède cinq chapelles rayonnantes autour du chœur.

 

Photographies : © Région Poitou-Charentes, inventaire du patrimoine culturel : R. Jean, 2006 et 2007, (8,9) ; A. Maulny, 1985 (11, 12) ; C. Rome, 1993 (10).

 

Déambulatoires et pélerinages

 L'église Saint-Hilaire à Melle (Deux-Sèvres) et son chœur à déambulatoire et chapelles rayonnantes.

À partir du 11e siècle, en Poitou notamment, émerge un plan particulièrement adapté au culte des reliques alors en plein essor. Il est composé d'une nef à trois vaisseaux, d'un transept et d'un chœur entouré d'un couloir de circulation : le déambulatoire. Ce type de plan est généralement lié à la présence d'une crypte, salle souterraine accueillant des reliques. Le déambulatoire dessert les chapelles rayonnantes et facilite la circulation des fidèles autour de la crypte. Il est donc souvent utilisé pour des églises de pèlerinage car il combine des espaces destinés aux offices religieux et d'autres dévolus à l’accueil des pèlerins. Cette structure coûteuse s'impose pour des édifices richement dotés comme l'église abbatiale de Saint-Savin.

 

Dessins : J. Monfort, 2009 (14) ; Z. Lambert, 1984 (18).
Photographies : © Région Poitou-Charentes, inventaire du patrimoine culturel : G. Beauvarlet, 2009 (16) ; A. Dagorn, 1995 (20,21) ; R. Jean, 2010 (15,23) ; A. Maulny 1992 (19) ; C. Rome 2010 et 2012 (17, 22).

 

Des plans particuliers...

En dehors de ces trois types de plans courants à l'époque romane, il existe d'autres plans utilisés plus rarement. Par exemple, les ordres militaires préfèrant une architecture sobre, optent généralement pour des églises ou chapelles à chevet plat (mur droit sans abside), comme la chapelle des Templiers à Cressac-Saint-Genis.
La région Poitou-Charentes conserve par ailleurs deux édifices de plan centré : l'église de Saint-Michel, près d'Angoulême, qui se compose d'une nef octogonale entourée de huit absidioles, et l'Octogone, chapelle de la Maison-Dieu à Montmorillon, bâti sur un plan octogonal. Les édifices de plan centré sont souvent inspirés du Saint-Sépulcre de Jérusalem (le tombeau du Christ).

 

Photographies : © Région Poitou-Charentes, inventaire du patrimoine culturel : G. Beauvarlet, 2010 (28), A. Maulny, 1985 (26), C. Rome, 2009 et 2012 (24,25,27).

 

Voir

  Lieux de pèlerinage à l'époque romane
  L'exposition "L'art roman en Poitou-Charentes"
  Exposition "L'art roman en Poitou-Charentes" (2013)

Auteurs: Noémie Lechat et Christine Sarrazin


 

 
 

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