Les machines à cylindres et l'industrialisation de la meunerie

Machines à cylindres installées en 1931 à la minoterie Boiron à La Crèche (Deux-Sèvres).
Découvertes
 
  • Mis à jour le 2 juin 2016
 

En 1878, l'Exposition universelle de Paris consacre la supériorité des farines de Hongrie, très blanches, fabriquées à l'aide de nouvelles machines. Ces dernières, qui remplacent les meules, sont composées de paires de cylindres cannelés en porcelaine.

Le système de mouture sur cylindres, qui semble s'installer en France à partir de 1885, s'impose ensuite rapidement, puisque le rapport de l'Exposition universelle de 1889 dénombre 1 500 moulins ainsi équipés. Cette nouvelle technique permet d'accroître considérablement la capacité de production des moulins et fait entrer la meunerie dans l'ère industrielle ; ces moulins deviennent alors des minoteries.

Dans la région Poitou-Charentes, ce système est installé dès la fin du 19e siècle : en 1887, M. Autier équipe son moulin de Chasseneuil-du-Poitou de convertisseurs à cylindres de porcelaine Wegmann ; en 1889, celui de Bajon, à Poitiers, fonctionne avec trois machines doubles à cylindres de la société parisienne Brault, Teisset et Gillet ; ces mêmes constructeurs fournissent en 1892 les cinq machines à cylindres du moulin de Villars, à Persac ; en 1895, les douze paires de meules de la minoterie du Pont à Mazerolles sont complétées par cinq machines à cylindres.

Le véritable essor du système de mouture sur cylindres a lieu dans la première moitié du 20e siècle, avec la création de plus de cent établissements - les deux-tiers d'entre eux datent du 1er quart du siècle. Malgré son intérêt, ce système n'est toutefois pas toujours retenu pour les nouvelles installations : en 1910, le propriétaire du moulin de la Talonnière, à Fouqueure, choisit d'établir cinq paires de meules dans son établissement qui ne semble pourtant pas conçu à l'économie.

L'équipement des minoteries se perfectionne tout au long du 19e siècle, par la modernisation des différentes machines de nettoyage, de mouture, de tamisage (plansichter : appareil de tamisage composé de multiples tamis horizontaux et installé après 1910) et de transport des produits (système pneumatique à partir de 1950).

Voir les dossiers documentaires des minoteries citées dans le texte et les photographies :

Auteur : Pascale Moisdon, en collaboration avec Catherine Tijou, mai 2016.

Machines à cylindres installées en 1931 à la minoterie Boiron à La Crèche (Deux-Sèvres). Région Poitou-  Charentes, inventaire du patrimoine culturel / P. Moisdon, 2004.

 

Voir

 
 

À la une de l'Inventaire

  • Découvertes

    Le jardin de l'hôtel de ville de Lencloître

    L’inventaire du patrimoine de la commune de Lencloître a permis de retrouver les archives du jardin de l’hôtel de ville réalisé sous le Second Empire, il y a 150 ans.

  • Découvertes

    Les tableaux de René Kunz à Gouex

    L’inventaire du patrimoine de Gouex a permis la redécouverte de quatre tableaux, présentant des scènes de la vie de la commune, réalisés dans les années 1950 par René Kunz, militant communiste et peintre.

  • Actualités

    L'inventaire du patrimoine de Lencloître

    En partenariat avec la Région Nouvelle-Aquitaine, le service Pays d’Art et d’Histoire de l'Agglomération de Grand Châtellerault conduit l'inventaire du patrimoine de Lencloître.

  • Actualités

    L'ethnologue Michel Valière

    Michel Valière, disparu en février 2019, était une personnalité majeure du patrimoine régional. Dans un entretien réalisé par le service des archives de la Région, il témoigne sur son parcours.

  • Découvertes

    Les trois ports de Dompierre-sur-Charente

    Connus autrefois pour leurs expéditions de vins rouges vers Rochefort et d'eaux-de-vie vers Cognac, ces trois ports témoignent de l’intense trafic fluvial qui existait sur la Charente.