Les moulins à l'anglaise : les débuts de la rationalisation de la meunerie

Le moulin du Chesne à Sammarçolles (Vienne) : le beffroi.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 2 juin 2016
 

La mouture économique, qui permet une farine plus blanche et de meilleure qualité, se répand en France après 1817, date d'importation du système du "moulin à l'anglaise" mis au point par le mécanicien américain Oliver Evans entre 1780 et 1790.

 

 

En-tête d'une lettre de la Minoterie montée à l'Anglaise A. et J. Callaud cousins, au Gond près Angoulême (fin 19e siècle ?). Archives départementales de la Charente, S 359.  Voir le dossier documentaire de la minoterie (nouvelle fenêtre).


Le moulin à l'anglaise utilise les mêmes procédés techniques que le moulin à la mécanique en ce qui concerne le nettoyage du blé, les passages successifs sur la meule et le blutage. Son amélioration réside dans une gestion optimisée de l'énergie. En effet, ce système permet à une seule roue hydraulique d'entraîner plusieurs paires de meules, grâce à un assemblage de charpente - appelé beffroi - qui les supporte et des organes de transmission désormais en fonte. Cette innovation est rendue possible par le développement des fonderies industrielles fournissant des engrenages de tous types et de toutes dimensions. La rationalisation de la meunerie se poursuit dans la deuxième moitié du 19e siècle avec l'automatisation du transport des produits d'une machine à l'autre, par l'installation de chaînes à godets.

Dans les quatre départements formant l'ancienne région Poitou-Charentes (Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres et Vienne), une partie importante (plus d'un tiers) des moulins à blé étudiés (transformés plus tard en minoteries) a été dotée d'un système à l'anglaise. La première installation connue est celle du moulin Bobin équipé en 1828, à Poitiers, sur le Clain. D'autres suivent dans les années 1830, à l'image des établissements Sionneau, à Parthenay, sur la Sèvre nantaise, et Raveau, à Chasseneuil-du-Poitou, sur le Clain. Les installations les plus tardives se font bien après l'irruption des machines à cylindres (dans les années 1880-1890) : moulin de la Pierrière à Saint-Cyr équipé de quatre paires de meules lors de sa reconstruction en 1899, ou ceux de Salles-en-Toulon à Valdivienne et de la Talonnière à Fouqueure, en 1910.

La minoterie Bobin à Poitiers (Vienne), boulevard Bajon, a été le premier établissement de l'ancien Poitou-Charentes à être équipé en moulin à l'anglaise, en 1828. Région Poitou-Charentes / inventaire du patrimoine culturel / W. van Riesen, 1991.


Auteur : Pascale Moisdon, en collaboration avec Catherine Tijou, mai 2016.

 

Voir

 
 

À la une de l'Inventaire

  • Découvertes

    Les forts de l'embouchure de la Charente

    Dans le but de protéger l’arsenal de Rochefort, quatorze forts et redoutes sont édifiés de part et d’autre de l’embouchure de la Charente entre la fin du 17e siècle et les années 1860... Une découverte en vidéo !

  • Actualités

    Le Jardin de Gabriel à l’honneur au Festival « Promenons-nous dans les docs »

    Un documentaire sonore de Marc Tournier, consacré au Jardin de Gabriel et intitulé "Un tiroir de sourires", sera diffusé le samedi 21 mai à Dirac (16).

  • Actualités

    Conférence "Le patrimoine de l'après-phylloxéra en Aunis" le 20 mai à Saint-Jean-de-Liversay

    Cette conférence de Pascale Moisdon intervient à l'occasion de la réaffectation de la laiterie de Saint-Jean-de-Liversay.

  • Actualités

    Visites et spectacle de contes au Jardin de Gabriel les 4 et 5 juin 2022

    À l'occasion des Rendez-vous aux Jardins, la Région Nouvelle-Aquitaine vous propose de découvrir un jardin extraordinaire : le Jardin de Gabriel à Nantillé, en Charente-Maritime...

  • Découvertes

    Les ports et la navigation sur la Charente

    Le fleuve Charente, naturellement navigable entre Cognac et son embouchure, a de tout temps favorisé les échanges entre la côte et l’arrière-pays... Une découverte en vidéo !

  • Les actus du LIMOUSIN

    Une nouvelle publication : « Collonges-la-Rouge : Nuances de gris et de rouge »

    La collection régionale des « Visages du patrimoine » s'enrichit d'un nouveau titre consacré la commune corrézienne de Collonges-la-Rouge.

  • Découvertes

    L'arsenal de Rochefort

    En 1666, l’implantation d’un arsenal à Rochefort, pour construire et armer la flotte royale, est une prouesse par l’ampleur du projet et la rapidité de son exécution, malgré les multiples contraintes. Une découverte en vidéo !