L'album : des ouvriers au travail à la chamoiserie Boinot à Niort, en 1920

Découvertes
 
  • Mis à jour le 6 juin 2017
 

Cet album montre les différentes étapes de la fabrication des peaux chamoisées et des gants, dans les ateliers de la chamoiserie Boinot à Niort (Deux-Sèvres) en 1920. À cette époque, l'entreprise est à son apogée, elle emploie en 1930 plus de 1 100 ouvriers et 400 gantiers à domicile. Ces photographies constituent aujourd'hui un témoignage rare des conditions de travail dans une chamoiserie-ganterie au début du 20e siècle.

L'album

Les photographies sont issues de l'ouvrage de Victor Chapelle, Une veille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie, commandé et édité par l'entreprise Boinot en 1921. Ce livre de commande retrace l'histoire de cette industrie locale et présente chacune des étapes nécessaires à la transformation de la peau brute en gants. Toutes les photographies qui illustrent le texte ont été prises dans les ateliers Boinot par les photographes Ménard et Meyer et sont destinées à promouvoir les productions de l'entreprise. Si l'on peut légitimement penser que les ouvriers, prévenus de la visite des photographes, se sont préparés en conséquence, il est à noter toutefois qu'aucun d'entre eux ne regarde l'objectif ni ne semble poser.

Photographies : reproduction des photographies publiées dans l'ouvrage Une vieille industrie niortaise : chamoiserie et ganterie, par V. Chapelle, 1921. Reproduction Région Nouvelle-Aquitaine, inventaire du patrimoine culturel / M. Deneyer, 1995.


La préparation des peaux


Le chamoisage


La fabrication des gants


De l'entreprise Boinot

Cette chamoiserie est créée en 1881 par Théophile Boinot au Moulin-Neuf, dans les locaux de l'ancienne chamoiserie Laydet. Ce moulin, édifié sur une dérivation de la Sèvre niortaise, avait successivement servi depuis le 17e siècle de moulin à blé, moulin à papier, filature de laine, féculerie de pomme de terre, puis brosserie, avant d'accueillir la chamoiserie Laydet, en 1866, dans ses bâtiments reconstruits en 1828, après un incendie.

L'entreprise Boinot prend une grande extension avec le rachat, en 1902, de l'établissement Noirot installé à Bessac. La succession du fondateur est prise par ses deux fils, Louis et Charles, en 1905. Puis, en 1912, un secteur ganterie est adjoint à la fabrication des peaux chamoisées. Les années 1920 correspondent à l'apogée de l'entreprise qui emploie environ 1100 ouvriers et 400 gantiers et gantières à domicile. Elle comprend alors cinq autres usines : la Cabane Carrée, le moulin du Roc, Comporté et Bouzon à Niort, ainsi qu'une autre à La Crèche. En 1947, elle assure 55 % de la production des gants niortais alors que la ville compte six autres ganteries. Ses gants de peaux sont exportés vers l'Angleterre, l'Australie, la Canada, la Suède, la Norvège, la Hollande et la Belgique, tandis que les peaux chamoisées partent presque exclusivement sur le marché américain.

Dans les années 1930, la politique sociale menée par cette entreprise la distingue des autres établissements niortais : société de secours mutuels, allocations familiales, primes d'ancienneté, jardins ouvriers, société sportive, etc.

Entre 1910 et 1950, le site du Moulin-Neuf fait l'objet de constantes modifications et reconstructions : ateliers, séchoirs, magasins, teinturerie, laverie, bureau.. Dans les années 1980, les secteurs de la ganterie et de la chamoiserie se séparent et deux ateliers distincts sont alors édifiés.

... à Port Boinot

Le site des anciennes usines Boinot fait aujourd'hui l'objet d'un projet de reconversion, lancé par la ville de Niort. Baptisé Port Boinot, ce programme, qui s'achèvera en 2019," prévoit de transformer le site en un vaste jardin, invitant aux itinérances touristiques et participant au développement du tourisme fluvial sur la Sèvre niortaise".


Auteur : Pascale Moisdon, en collaboration avec Catherine Tijou, juin 2017.
 

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