Une villa signée Le Corbusier aux Mathes

La villa Le Sextant aux Mathes a été réalisée d'après les plans de Le Corbusier, en 1935.
Découvertes
 
  • Mis à jour le 4 décembre 2015
 

Située à quelques pas de l'estuaire de la Gironde, sur la commune des Mathes, la villa "Le Sextant" est un des quatre projets menés par Le Corbusier en Poitou-Charentes. La maison a été construite en 1935 suivant les plans et les instructions du célèbre architecte, dont on commémore cette année le cinquantième anniversaire de la mort.

 
 

Une des premières villas de La Palmyre

La station balnéaire de la Palmyre est née dans les années 1960. Mais dès le début du 20e siècle, La Palmyre attire les investisseurs, notamment pour l'espace situé actuellement entre la plage et le carrefour de La Palmyre, où se trouvait alors une station du tramway reliant Saint-Palais-sur-Mer et la pointe de la Coubre.
Ainsi, dans les années 1900, puis dans l'Entre-deux-guerres, une poignée de villas sont construites le long de ce qui n'est encore qu'un chemin environné par du sable. La villa "le Sextant" fait partie de celles-là. Aujourd’hui, le chemin, devenu avenue de l'Océan, est entouré de bois.

Une œuvre de Le Corbusier pour l'un de ses amis

Le commanditaire de la villa, Albin Peyron (1870-1944), est officier de l'Armée du Salut, créateur en 1926 des "soupes de minuit" offertes aux sans-logis. Souhaitant faire construire une maison de vacances près de Royan pour sa fille, Peyron fait appel, en 1935, à l'un de ses amis architectes, non des moindres : Charles-Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier (1887-1965). Celui-ci vient d'achever à Paris, la Cité de refuge de l'armée du Salut - dont Peyron était maître d'ouvrage. Assisté de son cousin et collaborateur Pierre Jeanneret, Le Corbusier est alors mondialement connu pour ses réalisations avant-gardistes comme la célèbre villa Savoye de Poissy, près de Paris.

Il semble que Le Corbusier ne soit jamais venu sur place, en raison des fortes contraintes budgétaires pesant sur le projet. Travaillant à partir de photographies de la parcelle données par Peyron, il se serait limité à envoyer ses plans et ses directives aux entrepreneurs, choisis parmi les artisans locaux, là encore pour des raisons financières.

Un principe de construction : le "plan libre"

Dès 1936, année suivant la construction, la villa fait l'objet d'une publication dans la revue d'architecture L'Architecture d'aujourd'hui. Peu après, elle est mentionnée dans l'Encyclopédie de l'architecture. Constructions modernes. Ces publications montrent que, malgré les contraintes budgétaires, Le Corbusier a su concevoir une œuvre conforme à ses principes architecturaux novateurs.

Suivant le principe du "plan libre", les façades, en moellons apparents, ne sont plus destinées à supporter les planchers, mais sont conçues comme des "fournisseurs de lumière", notamment celle tournée vers l'ouest et vers la mer. Dès lors dégagées de toute contrainte de structure, les façades sont organisées par des ouvertures et des pleins disposés librement. Les planchers ne sont plus soutenus que par des poteaux.

Les pièces sont regroupées sur les côtés ouest et nord de la construction. Le côté est est largement occupé par un balcon-terrasse soutenu par des poteaux. Le tiers sud de la villa est consacré à un espace ouvert sur l'extérieur, divisé en deux niveaux par un plancher, comme tout le reste de la villa. À chaque niveau, les pièces, dont Le Corbusier a en grande partie conçu le mobilier, ne communiquent pas entre elles mais ouvrent sur le balcon-terrasse.


 

Voir le dossier sur la Villa Le Sextant, sur le site internet de la Fondation Le Corbusier, nouvelle fenêtre


Restitution 3 D de la villa
 

Sources

Auteur : Yannis Suire.

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