Publication "Découverte... de l'ancienne enceinte fortifiée de Poitiers" (2010)

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  • Mis à jour le 11 mai 2012
 

Le centre historique de Poitiers est construit sur un éperon, entouré par une enceinte longue de 6,5 kilomètres. Cette enceinte fortifiée fut édifiée dans la seconde moitié du XIIe siècle par le roi d'Angleterre Henri II Plantagenêt, puis complétée au cours des siècles suivants.

Un marché de construction de 1391 fait état tout autour de la ville d'un "gros mur de bonne pierre de Chardonchamp", surmonté de créneaux, le tout large de 1,80 à 2,20 mètres et haut de près de 6 mètres. Au XVIe siècle, l'enceinte compte entre 60 et 80 tours et 6 portes monumentales.

Parmi ces portes, celle de la Tranchée et celle de Pont-Achard sont reliées par une partie d'enceinte particulièrement stratégique, puisqu'elle garde la ville au sud-ouest, là où elle est le plus vulnérable car accessible par la terre, sans franchir de rivière, à part la Boivre au nord. Le dispositif se double de la protection naturelle exercée par la vallée de la Boivre, partiellement inondée et appelée "les étangs de Saint-Hilaire". En 1380, des réparations sont mentionnées à la "tour de l´étang de SaintHilaire" (peut-être la tour de Vouneuil), "jusques au bot des murs neufs sur le marais". En 1440, il est décidé de "raser et remplir les gros murs de la tour neuve de la Tranchée jusqu'au coin de l'étang de Saint-Hilaire et faire des petits murs jusqu'à la tour du dit étang". Au XVIe siècle, pendant les guerres de Religion, la tour de Vouneuil est équipée d'une plate-forme d'artillerie.

Au 18e siècle, la partie haute du rempart faisant face à la Boivre est reconstruite, tout en conservant la base ancienne. Des bâtiments viennent peu à peu s'adosser sur le flanc des remparts, le long du boulevard de Pont-Achard, près de la porte de la Tranchée. Ils sont encore peu nombreux au début du XIXe siècle, selon le plan cadastral de 1838 (cicontre), et se multiplient ensuite en occasionnant le percement d'ouvertures dans le mur, l'arasement de tours et le comblement des douves. Celui-ci intervient en 1829 pour la portion située entre la porte de la Tranchée et la tour à l'Oiseau, au pied du parc de Blossac. Les douves situées de l'autre côté, descendant vers la tour de Vouneuil, sont comblées par des dépôts à partir de 1881.

En 1892, la construction de la ligne de tramway Poitiers-Saint-Martin-l'Ars (actuellement rue des Remparts) entraîne l'ouverture d'une brèche pour permettre le passage. En 1895, une demi-tour est démolie ; il s´agit sans doute de celle dont on voit encore l'arrachement sur le rempart du côté de l'Institut Régional du Travail Social (IRTS).
L’ensemble est classé au titre des Monuments historiques en 1921. La tour de Vouneuil connaît des travaux de restauration et de consolidation en 1997.

Des vestiges...

Cette partie d'enceinte fortifiée comprend deux portions. Prolongeant les remparts situés en soutènement du parc de Blossac, l'une part vers le nord depuis la Porte de Ville le long de la rue des Douves et descend jusqu'aux abords de la Boivre.
L'autre portion, perpendiculaire à la première, continue vers l'est, presque parallèlement à la vallée, avant de disparaître sous la rue des Remparts et le boulevard de Pont-Achard. 
L'ensemble est constitué de hauts murs en pierre de taille, partiellement enterrés depuis le comblement des anciennes douves. Le mur de la partie sud est ponctué par neuf tours demi-cylindriques et dont le sommet a été arasé. Les pierres de taille de ces tours portent fréquemment une croix gravée, probablement la marque du tailleur de pierres.
Une dixième tour, dite "tour de Vouneuil" ou encore "tour du Fou" et "tour à Prieur", occupe l'angle formé par les deux portions d'enceinte. Elle est haute de 15 mètres par rapport au niveau actuel de la douve. La partie haute de la tour est percée de deux fenêtres et d'une porte, accessible par un escalier depuis le haut de la courtine du mur d'enceinte. Une première salle possède encore une cheminée. Un escalier en vis, aujourd'hui disparu, menait à la plate-forme et à une salle supérieure voûtée. La tour devait être couronnée d'un chemin de ronde reposant sur les consoles en pierre encore visibles.

… à redécouvrir

Au-delà de la tour de Vouneuil, en contrebas de la rue des Remparts, l'autre portion de cette partie d'enceinte ne présente plus de tours. Une part importante de ses hauts murs a été dégagée par la démolition d'anciennes dépendances de l'actuel Institut Régional du Travail Social (IRTS), en 2005. Des petites caves avaient été aménagées sous les remparts à l'arrière de ces bâtiments.

Sources et orientations bibliographiques

Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de PoitouCharentes, Conservation régionale des monuments historiques (CRMH) :

  • Dossier de recensement (comprenant notamment une étude préalable à la restauration et consolidation de la tour de Vouneuil, par François Jeanneau, architecte en chef des Monuments historiques, janvier 1990).
  • Dossier de restauration des parties hautes de la tour de Vouneuil, par François Jeanneau, architecte en chef des Monuments historiques, juillet 1998.

Archives, cartes postales et travaux historiques de M. Jean Magnant, Poitiers.

Granger, Michel. Poitiers et ses remparts. Poitiers : édition Géniteau-Le Picton, 1988.

Remerciements à M. Jean Magnant, de Poitiers, pour son aimable collaboration.

En savoir plus

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