14-18 Poitou-Charentes

14-18 Poitou-Charentes
 
  • Mis à jour le 9 octobre 2018
 

Photographie d'André Plessis, Poitevin mobilisé pendant la Première Guerre mondiale. Il immortalise par ses photos la vie quotidienne des hommes sur le front. © Région Poitou-Charentes, inventaire du patrimoine culturel / Fonds Plessis-Vieillard..

Partout en France, sur les places et dans les jardins publics, les monuments aux morts invitent au souvenir des soldats morts pendant la Grande Guerre, si meurtrière : 1,4 million de tués et de disparus. D'autres édifices comme les anciens hôpitaux, les usines de guerre et les gares, et certaines archives - lettres de poilus, articles de presse, photographies... - rappellent aussi le conflit, le front et la vie quotidienne, notamment dans les zones de l'arrière, comme en Poitou et en Charentes. Ces traces sont aujourd'hui mises en lumière dans le cadre du centenaire de la Première Guerre mondiale.

Le 2 août 1914, la mobilisation générale est décrétée en France. Le lendemain, l'Allemagne lui déclare la guerre. Bien avant que la Grande Guerre n'éclate, les tensions existent entre les différentes puissances européennes. La course aux armements commencée en 1908, et celle aux effectifs débutée en 1912 aggravent progressivement les relations internationales. Les alliances se créent : la Triplice ou Triple Alliance regroupe l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Italie, alors que la France, la Russie et le Royaume-Uni constituent la Triple Entente. Elles engagent les pays à soutenir leurs alliés en cas d’attaques ennemies. Le 28 juin 1914, l’attentat de Sarajevo est l’occasion pour l’Autriche-Hongrie de déclarer la guerre à la Serbie. Le conflit reste européen jusqu'à l'entrée en guerre des États-Unis, le 6 avril 1917.

Les  Poitevins et les Charentais sur le front et à l'arrière

André Plessis sur le front, en 1916. © Région Poitou-Charentes, inventaire du patrimoine culturel / fonds Hélène Plessis-Vieillard - André Plessis.Comme partout en France, les habitants de la Charente-Inférieure, de la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Charente sont envoyés sur le front. En fournissant de jeunes hommes de 20 à 35 ans pour combattre, ces quatre territoires s'impliquent dans le conflit. Les soldats découvrent une guerre de l'artillerie. Sur le front, lors des longs moments d'attente, les hommes écrivent à leurs familles, rédigent des carnets de campagne ou photographient des scènes de la vie quotidienne. Beaucoup d'entre eux laissent leur vie sur le champ de bataille.
André Plessis, un Poitevin photographie la Grande Guerre

 

Un littoral, une zone de guerre

Façade de l'hôpital militaire Auffrédy. Situé rue Pernelle, il est l'un des plus vieux hôpitaux militaires français. (Archives municipales de La Rochelle, publiée avec autorisation.)Pendant ce temps, par sa position littorale, l'actuel Poitou-Charentes est confronté à la guerre sous-marine, qui gêne l'approvisionnement de tous les départements français. Les populations en ressentent les répercussions, de nombreux produits manquent et certains prix s'envolent ; il faut nourrir en priorité les armées. Les civils sont parfois confrontés aux atrocités du conflit, lors des transferts de blessés du front vers les hôpitaux, comme celui d'Auffrédy, à La Rochelle.
L'hôpital militaire d'Auffrédy, à La Rochelle, 1914-1918

 

Le manque de main-d'œuvre

Les ouvriers chinois travaillant pour la manufacture d'armes de Châtellerault. Ils sont ici sur le site de la Brelandière, où se trouve leur camp. (Dans « La Manufacture nationale d'armes de Châtellerault. Histoire d'une usine et inventaire descriptif de 150 années de fabrication (1819-1968) », de Claude Lombard,  Poitiers : Brissaud, 1987.)Dans les usines de guerre, comme la manufacture d'armes de Châtellerault ou la Fonderie de Ruelle, les femmes, les ouvriers non mobilisés, les prisonniers de guerre et les populations étrangères, les réfugiés ou travailleurs coloniaux, sont appelés à remplacer les hommes partis au front.
Des travailleurs chinois en Poitou-Charentes, 1916-1921

 

Des alliés à l'arrière

Les Américains utilisent la nouvelle gare de La Rochelle, en construction depuis 1912, pour monter des wagons, camions ou voitures destinés au front. Après la guerre, la municipalité souhaite récupérer au plus vite la gare pour accueillir les touristes. (Dans « L’armée américaine à la Rochelle et en Charente-Inférieure », par Jean-Claude Bonnin, Saint Cyr sur Loire : Éditions Alan Sutton, 2010.)Par ailleurs, par la présence d'étrangers, les habitants de l'actuel Poitou-Charentes prennent conscience de la dimension mondiale du conflit, encore plus lors de l'arrivée des troupes américaines, qui débarquent dans le port de La Pallice en octobre 1917.
Les Américains à La Rochelle, 1917-1919

 

Se souvenir

Le monument aux morts de Chabanais, en Charente. © Région Poitou-Charentes, inventaire du patrimoine culturel / Gillles Beauvarlet, 2008.Sur les huit millions d'hommes appelés sur le front, la France perd les trois quarts de ses mobilisés. Face à cette hécatombe et une fois que les armes se sont tues, les Français ressentent le besoin de rendre hommage au courage de leurs soldats morts pour la défense de la Patrie. C'est ainsi qu'entre 1920 et 1925, une véritable vague de monuments aux morts recouvre toute la France ; au total, 1 500 sont construits dans la Vienne, les Deux-Sèvres, la Charente et la Charente-Maritime.
Se souvenir de la Grande Guerre : les monuments aux morts

Auteur : Laëtitia Pichard.

 

Les liens utiles

Pour aller plus loin

  • Audoin-Rouzeau Stéphane, Becker Jean-Jacques. Encyclopédie de la Grande Guerre 1914-1918. Paris : Bayard, 2004.
  • Augustin Jean-Marie. Histoire du Poitou-Charentes, des provinces à la Région. Paris : Geste Éditions, 2011.
  • Capdevilla Luc (dir.). Hommes et Femmes dans la France en guerre (1914-1945). Paris : Payot, 2003.
  • Cazals Rémy. Les mots de 14-18. Toulouse : Presses universitaires du Mirail, 2003.
  • Jeanneney Jean-Noël. La Grande Guerre si loin, si proche : Réflexions sur un Centenaire. Paris : Seuil, 2013.
  • Offenstadt Nicolas. La Grande Guerre en 30 questions. Paris : Geste Éditions, 2007.
  • Loez André. La Grande Guerre. Paris : La Découverte, 2010.
  • Offenstadt Nicolas. 14-18 aujourd’hui. La Grande Guerre dans la France contemporaine. Paris : Odile Jacob, 2010.
  • Prost Antoine, Winter Jay. Penser la Grande Guerre. Un essai d’historiographie. Paris:  Seuil, 2004.

 
 

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