La restauration du Jardin de Gabriel : novembre 2017, les premiers travaux ont commencé

Les travaux de restauration ont commencé au Jardin de Gabriel. Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel. Christian Rome, 2017.
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  • Mis à jour le 4 décembre 2017
 

Depuis le décès de son créateur, Gabriel Albert, en 2000, le Jardin de Gabriel se dégradait peu à peu. La Région Nouvelle-Aquitaine, propriétaire du site depuis trois ans, vient de lancer les premières mesures d'urgence pour la restauration de ce jardin insolite, composé de quelque 400 bustes et statues et monument historique depuis 2011.

Les premières mesures d'urgence, de novembre 2017 à juin 2018

Exposées aux intempéries, les statues en ciment armé sont couvertes de mousses, de lichens et de champignons. Certaines ont été victimes d'éclatements dus aux chocs thermiques. Enfin, plusieurs statues tombées lors des tempêtes ont été brisées. L'ampleur des dégâts nécessitait d'entreprendre rapidement les premiers travaux de restauration, qui ont ainsi été lancés par la Région en novembre 2017 et qui vont s'échelonner jusqu'en juin 2018.


La mise à l'abri de 59 statues en péril

La phase la plus urgente consiste à conditionner, transporter et mettre à l'abri 59 statues en péril. Cette tâche minutieuse est confiée à l'entreprise LP ART, spécialisée en transport d’œuvres d'art. Les dimensions des 59 statues ont été prises afin de fabriquer des caisses en bois sur mesure. Elles ont ensuite été préparées pour sécuriser le transport :

  • des attelles sont posées sur les parties cassées ;
  • de la mousse polyuréthane est appliquée sur les parties non stables ;
  • les parties les plus fragiles sont emballées dans un film.

Chaque statue est ensuite déposée délicatement à l'intérieur de la caisse, parfois à l'aide de paras (planches de bois de hêtre couvertes d'huile de paraffine) et, pour les plus lourdes, d'un chariot élévateur. Elle est ensuite maintenue à l'intérieur de la caisse par des bancs de calage.

Les statues mises à l'abri feront l'objet d'une restauration importante, avant de regagner à terme le Jardin de Gabriel.


Le traitement biocide

Les autres statues, dans un état de conservation plus satisfaisant, bénéficient d'une restauration sur place, confiée aux entreprises de restauration ARTHEMA et ARCOA. Chacune d'entre elles, après avoir été marquée d'un numéro, reçoit en surface un traitement biocide (ammonium quaternaire), qui permet d'éliminer les mousses, lichens et champignons, sans altérer la couche picturale et le ciment. Cette application est réalisée par temps sec et doit être suivie, quelques jours après, d'un brossage délicat pour enlever les résidus.

Les premiers tests démontrent l'efficacité du traitement : de nombreuses statues ont perdu leur aspect noirâtre et laissent apparaître à nouveau leurs couleurs. Ce traitement sera renouvelé au printemps afin d'éradiquer tous les micro-organismes qui attaquent les statues.


La sécurisation des statues

Chaque tempête provoque des dégâts importants dans le jardin. Par endroits, le sol s'affaisse et les statues penchent dangereusement. Afin d'éviter des chutes lors du prochain hiver, deux mesures sont prises : la remise à niveau du sol et des socles afin de stabiliser les statues, ainsi que la pose d'étais en bois pour maintenir les œuvres les plus exposées aux vents.


Suite et financement des travaux

Ces mesures d'urgence comprennent d'autres phases qui vont être engagées très prochainement : le comblement des fissures des statues et le traitement de l'atelier de Gabriel Albert.
D'un montant de 252 602 €, ces premiers travaux sont financés à 100 % par la Région Nouvelle-Aquitaine, sous le contrôle scientifique et technique de la Conservation Régionale des Monuments Historiques (Direction Régionale des Affaires Culturelles [DRAC] Nouvelle-Aquitaine – Ministère de la Culture).

Auteur : Yann Ourry, novembre 2017.

Photographies : © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel. Christian Rome, 2017.

 

 


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