Une opération d’inventaire d’urgence : le site minier de Lavaveix-les-Mines

Détail d'une baie des ateliers. © Région Nouvelle-Aquitaine, Inventaire général du patrimoine culturel. E. Philippe, 2010.
Les actus du Limousin
 
  • Mis à jour le 21 mars 2018
 

La désindustrialisation qui s’est accélérée depuis les années 1970 s'accompagne bien souvent de la désaffectation des lieux de production, parfois de leur destruction. En milieu rural, la détérioration du patrimoine bâti, qui n’a quasiment pas été réinvesti depuis l’arrêt des activités industrielles, est encore plus prégnante. Le patrimoine minier de Lavaveix-les-Mines en est un des témoins.

Les opérations d'urgence de l'Inventaire général du patrimoine

Au-delà de sa mission principale « recenser, étudier, et faire connaître » les services de l’Inventaire général du patrimoine sont parfois sollicités pour intervenir en amont des projets visant parfois à modifier, mais bien souvent à préserver et à valoriser des sites industriels désaffectés. Ces  opérations dites « d’urgence »,  conduites sur un temps court, visent à collecter les données disponibles (archives historiques ou d’entreprises, rapport…) et à réaliser une campagne photographique, afin de proposer aux acteurs locaux un diagnostic patrimonial capable de les orienter dans leurs décisions futures. C’est dans ce cadre qu’a été menée l’opération d’urgence sur le patrimoine minier de Lavaveix-les-Mines.

À l’origine de l’exploitation du site minier de Lavaveix

Lavaveix-les-Mines est une commune de 838 habitants, située dans le département de la Creuse, à mi-distance entre Guéret, au nord, et Aubusson, au sud, le long de la route départementale 942, à quelques kilomètres d’Ahun. La ville issue de l’industrie est établie sur un important bassin houiller, qui s’étendait sur une surface d’environ 25 km². La Société Anonyme (SA) des Houillères d’Ahun est créée en 1963, suite à la fusion des anciennes concessions.

À l’apogée de son activité, en 1876, près de 2 000 ouvriers y travaillaient. Les mines d’Ahun constituaient alors l’un des tout premiers bassins d’emplois du département de la Creuse, avec une main-d’œuvre presque exclusivement locale. Après la Seconde Guerre mondiale, un déclin commence à s’amorcer. On ne compte plus que 500 mineurs en 1927. L’extraction du charbon s’arrête dans les années 1930, mais les besoins de la reconstruction favorisent une petite reprise qui finira par s’essouffler dans les années 1960. En 1969, après deux siècles d’exploitation, les mines sont définitivement fermées.

Une opération d’inventaire d’urgence

L’étude d’Inventaire du patrimoine d’urgence a été lancée en 2006, suite à la mise en liquidation judiciaire de la société des Houillères d´Ahun et à la révision du périmètre de protection Monument Historiques décidé le 3 juillet 2006 par la Commission Régionale du Patrimoine et des Sites. Elle avait pour objectif de recenser tous les bâtis, qu’ils soient protégés ou non, afin de préciser le périmètre de la protection Monuments Historiques et définir les éléments à conserver sur le bassin d’Ahun. Elle a été confiée à Jehanne Lazaj, conservateur du patrimoine au Service Régional de l’Inventaire (DRAC) du Limousin, et a donné lieu à la publication d’un article de synthèse, dans la revue In Situ.

Les conditions dans lesquelles a été menée cette opération d’urgence d’inventaire du patrimoine n’ont pas permis la réalisation des dossiers d’inventaire correspondants. Néanmoins, en 2010, grâce à la synthèse cartographique et au rapport réalisés en 2006, le service de l’Inventaire et du patrimoine a confié à Emmanuelle Philippe, conservateur du patrimoine, au SRI alors placé sous la tutelle du Conseil régional du Limousin, la mission de mettre en forme l’étude sur le patrimoine industriel de Lavaveix-les-Mines. Il s’agissait de finaliser l’opération d’inventaire en identifiant spécifiquement, à partir du cadastre et du rapport de synthèse, les éléments bâtis qui constituent la mémoire de l’exploitation minière pour réaliser des dossiers documentaires de synthèse illustrés, en vue de leur publication sur internet. Ils concernent essentiellement des logements patronaux et ouvriers, des bâtiments associés à la vie de l’entreprise (bureaux, coopérative ouvrière) ou aux services communs (école, église, infirmerie, morgue) ; des ateliers, puits, lavoir à charbon, mais également des bâtiments d’industries connexes (verrerie, tuilerie-briqueterie, fabrique de boulets) ou encore tous les aménagements paysagers en lien avec l’activité d’extraction comme l’allée de la Mine et les terrils.

Aujourd’hui, ces bâtiments, en partie protégés au titre des Monuments Historiques et bénéficiant de toute l’attention des élus locaux, constituent la mémoire des hommes qui ont travaillé le charbon dans cette commune rurale.


Bibliographie

LAZAJ, Jehanne. Une opération d’inventaire d’urgence pour une préservation réfléchie : les Houillères d’Ahun à Lavaveix-les-Mines (Creuse) », In Situ, 2007. [En ligne] : <http://journals.openedition.org/insitu/3369>

DREAL Nouvelle-Aquitaine. Plan de prévention des risques miniers (PPRM) du bassin houiller d’Ahun. 11 mai 2012. [En ligne] : http://www.nouvelle-aquitaine.developpement-durable.gouv.fr/pprm-du-bassin-houiller-d-ahun-a1936.htm

Ces onze dossiers sont aujourd’hui consultables sur le site de diffusion du service Patrimoine et Inventaire, site de Limoges : http://inventaire.limousin.fr/dossier/presentation-de-l-aire-d-etude-le-patrimoine-minier-de-la-commune-de-lavaveix-les-mines/70d0a521-1b5a-4a7c-b240-a45398a1af2c
 

Auteur du texte : Agnès BRAHIM-GIRY, chercheur à la Région Nouvelle-Aquitaine, Service Patrimoine et Inventaire, mars 2018.


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