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Dossier documentaire d'usine

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Laiterie industrielle
Echiré (Deux-Sèvres), 76 place de l' Eglise

photo de la notice
Vue générale prise du sud-ouest. © Inventaire général / Phot. Inv. A. Dagorn
Date de l'enquête : 2001

Historique :

Laiterie fondée en 1891 par M. du Dresnay dans les dépendances d'une ferme située au bord de la Sèvre niortaise, en plein coeur du village. Cette laiterie devient coopérative en 1894. Les anciens bâtiments sont abandonnés au profit d'une nouvelle construction, sur la même parcelle, en 1909 comme l'atteste une date portée sur la clé d'un linteau de fenêtre, par Paul-Antoine Mongeaud, architecte départemental des Deux-Sèvres. La source qui alimente le lavoir municipal sert également aux besoins de la laiterie. Depuis sa création, cette dernière se consacre exclusivement à la fabrication d'un beurre réputé pour sa qualité. Toutefois, elle commercialise aussi de la crème. Elle est, dans les années 1950, la première de la région à individualiser la collecte de lait en utilisant des bidons. Dans les années 1970, elle reprend les laiteries de Frontenay-Rohan-Rohan et Beauvoir-sur-Niort. Actuellement, le lait est fourni par 66 adhérents, dans un rayon de 30 km autour d'Echiré, et la tournée s'effectue chaque jour. Les bâtiments ont été agrandis une première fois en 1990, et une seconde fois en 2000. Le beurre est toujours fabriqué dans des barattes-tonneaux en teck, ce qui lui assure une texture particulière (pour ce faire, une dérogation lui a été octroyée par la Commission européenne). Depuis 1994, la laiterie est certifiée ISO 9002. La majeure partie de la fabrication est conditionnée dans des "bourriches" en bois de peuplier, d'une contenance de 10 kg, 5 kg, 500 g, 250 g, fabriquées par BBF emballages. Une partie du beurre est également conditionnée en plaquettes de 500 et 250 g, et, depuis 1996, en petites mottes portions destinées aux grands hôtels. La production est expédiée par camions dans toute la France et en Europe ; 15 % est exportée, dont une partie au Japon et aux Etats-Unis.
L'une des barattes a été faite par un artisan d'Echiré, l'autre par la tonnellerie Radoux de Jonzac ; toutes deux fonctionnent grâce à un mécanisme Alfa-Laval.
La laiterie emploie 35 personnes

Description :

Le bâtiment de 1909, en U, abritait la beurrerie, un bureau, un laboratoire et deux logements. En moellon enduit, il est doté d'un étage de soubassement, d'un rez-de-chaussée surélevé et d'un étage carré. Sa toiture en ardoise est à longs pans et demi-croupes. Les ouvertures sont surmontées de décors de terre cuite. La cheminée d'usine circulaire, en brique, est d'une hauteur d'environ 25 m. La chaufferie est en rez-de-chaussée et couverte d'une terrasse. L'ancien quai de réception du lait a été agrandi et fermé par un essentage métallique. L'agrandissement de 1990 comprend un bureau et des salles de fabrication. En parpaing de béton, le bureau reprend l'ordonnance du bâtiment de 1909, avec la même forme d'ouvertures et un toit en ardoise à demi-croupe. Les ateliers de 1990 et 2000 sont en pan de métal et essentage métallique.

Documentation :

● Archives :

AD Deux-Sèvres, 12 M 10/1 : enquête de 1917 sur les laiteries antérieures à 1914.
AD Deux-Sèvres, 3 P 30. Matrices cadastrales d'Echiré.
Archives privées, registre de délibération 1903-1910.

● Bibliographie :

LOEZ, Alexandre. Les Deux-Sèvres : Monographie économique : agriculture - commerce industrie. - Niort : Imprimerie Saint-Denis, 1926. P. 19, 72, 75.
PERCHEY, Daniel. La merveilleuse histoire des laiteries des Deux-Sèvres, s. d. [vers 1990}. Document manuscrit. P. 89-94
PINARD, Jacques. Les industries du Poitou et des Charentes : Etude de l'industrialisation d'un milieu rural et de ses villes. Poitiers : S.F.I.L., 1972. P. 169

● Annexe 1 :

Historique :

La laiterie coopérative d'Echiré a été fondée le 18 mars 1894. Dans la délibération du 12 avril 1908, on trouve la description de : " l'immeuble actuellement occupé par la Société laitière où est installée la beurrerie. Cette propriété se compose de bâtiments d'habitation et d'exploitation, écurie, fournil, hangar, porcherie, servitudes diverses (...) source et fontaine. Ces immeubles appartiennent à M. le Marquis du Dresnay " .

Lors du projet de construction de la nouvelle laiterie, on examine le cas de la laiterie de La Crèche nouvellement construite, dans laquelle existent des problèmes d'infiltration d'eau.

La laiterie est construite en 1909 sur les plans de l'architecte départemental, Paul-Antoine Mongeaud. Le 14 juin 1908, les plans et devis relatifs à la reconstruction de l'usine sont présentés. Il est précisé que M. Mongeaud doit venir à la laiterie présenter son projet. Il est fait part de l'avis de l'ingénieur-inspecteur des mines, qui a protesté contre les plans établissant des logements du personnel au-dessus de la salle des machines. Mais à la suite d'une visite à l'usine de La Crèche, on fait observer que l'avis de l'ingénieur est nul si l'on emploie des moteurs de 2e série (au-dessous de 20 cv), ce qui est le cas à Echiré.

En mai 1909, M. Joly, constructeur mécanicien à Parthenay, est venu examiner le matériel et prendre note des nouveaux appareils et des dispositions nécessaires en vue de la nouvelle installation. Il a donné l'idée de faire construire une cheminée en brique et un bouilleur briqueté. Un marché pour l'achat d'une écrémeuse et d'un malaxeur est accepté avec le représentant de la maison Astra.

La laiterie est inaugurée le 22 mai 1910 en même temps que le buste de son fondateur, Delphin Sagot, réalisé par Pierre-Marie Poisson.

Une nouvelle chaufferie a été édifiée entre 1920 et 1930. L'ancien quai de réception a été agrandi et fermé. En 1990, les bâtiments se sont considérablement agrandis avec une nouvelle aile abritant les bureaux et un corps de bâtiment accolé du côté nord, lui-même prolongé au nord, en 2000, pour le stockage des emballages. Un petit bâtiment octogonal a été édifié au-dessus de la fontaine qui alimentait autrefois le lavoir municipal, aujourd'hui disparu. Des entrepôts et ateliers d'entretien ont été bâtis, à l'est, en 1999.

Le beurre d'Echiré a eu de tout temps une excellente réputation ; la laiterie a remporté de nombreux prix aux diverses expositions.

En 1917, 128 034 kg de beurre ont été fabriqués. Le matériel utilisé était alors une chaudière Joly (Parthenay) de 28,66 m2 de superficie chauffante, un réfrigérant de même marque et divers systèmes de pompes et de matériels .

Dans les années 1950, la collecte par bidons individuels a été instituée à Echiré pour permettre un meilleur contrôle de qualité du lait. Deux jeux de bidons existaient, l'un à la laiterie, l'autre à la ferme.

La laiterie d'Echiré s'est maintenue grâce à une politique commerciale offensive ; depuis les années 1950, de nouveaux marchés sont étudiés. Echiré a été l'une des premières laiteries à conditionner le beurre en plaquettes, et grâce à cela elle a pu très tôt diversifier sa clientèle.

Dans les années 1970, les laiteries de Frontenay-Rohan-Rohan et Beauvoir-sur-Niort ont fermé et ont été rattachées à Echiré.

Actuellement, 35 personnes y travaillent. Depuis 1994, la laiterie est classée ISO 9002. En 2001, 15 % de la production est exportée, dont 3% au Japon.

● Annexe 2 :

Description :

Le bâtiment d'origine présentait le plan type des laiteries des années 1900-1910. En moellon enduit, il est doté d'un étage de soubassement et d'un étage carré, et est couvert d'un toit à demi-croupes en ardoise. Son plan en U permettait au quai de réception du lait de prendre place entre les deux retours d'ailes abritant deux logements (ceux du comptable et du beurrier), un bureau et un laboratoire. Le logement ouest était situé au premier étage à proximité de la chaufferie, près de laquelle se dressait la cheminée circulaire en brique édifiée par la Société nantaise Goilot, Hilaireau, Deroualle Frères (plaque).

La pierre de taille calcaire a été mise en oeuvre dans les chaînes d'angle, des cordons et les encadrements des ouvertures ; toutefois, ces dernières sont dotées de plate-bandes en brique. Un cordon de brique court à hauteur des appuis des fenêtres du premier étage. Un décor de céramique partiellement vernissé orne le bâtiments en divers endroits : des tables rectangulaires sculptées de motifs floraux soulignent l'allège des appuis des fenêtres de l'étage de l'élévation antérieure et des tables en losange, portant également un décor floral, somment ces mêmes fenêtres, tandis que des pièces allongées courent sur la corniche au-dessus de l'ancien quai de réception du lait. Au centre de l'élévation, un petit pignon abrite une table sur laquelle est gravée l'inscription : " SOCIETE COOPERATIVE DE LAITERIE D'ECHIRE ". Le bâtiment porte la date " 1909 " sur des cartouches en terre cuite situés au-dessus des fenêtres du premier étage des pignons nord.

Face à l'élévation antérieure, le buste du fondateur de la laiterie, Delphin Sagot (1843-1907), se dresse sur un piédestal formant banc. Ce buste en bronze est signé du sculpteur niortais Pierre-Marie Poisson (1878-1953) et daté de 1908 ; il porte la mention du fondeur parisien Hohwiller.

● Annexe 3 :

Fabrication :

Actuellement le lait est collecté chaque jour dans 66 fermes situées dans un rayon de 30 km autour d'Echiré. Dans les fermes, le lait est conservé à 8 ou 10° de façon à privilégier la crème (ailleurs cette conservation se fait à 4°). Depuis les années 1960, ce sont des camions-citernes qui assurent cette collecte.

Chaque jour s'effectuent la collecte, l'écrémage et le barattage.

La laiterie d'Echiré a obtenu une dérogation aux règlements européens pour lui permettre de continuer à utiliser des barattes en bois ; actuellement deux de ces barattes en teck blond d'Asie fonctionnent dans la beurrerie. Le teck est utilisé en raison de ses qualités : c'est un bois très ligneux, sans tanin (ne donne donc pas de goût au beurre) et imputrescible. A la sortie de la baratte, le beurre présente une toute autre texture que celle du beurre fabriqué dans un butyrateur. Ici, sa structure est fibreuse, moins compacte. Chacune des barattes a une contenance de 900 kg de beurre.

Le beurre est conditionné dans des bourriches en bois de peuplier (fabriquées par B.B.F. Emballage de La Crèche) de 10 et 5 kg, de 500 et 250 g (ces dernières depuis les années 1980). Une petite quantité est également conditionnée en plaquettes. Depuis 1996, des petites mottes individuelles de 25 g sont fabriquées à destination des grands hôtels. La machine qui les conditionne est un prototype mis au point avec le service entretien de la laiterie. Cette dernière joue sur l'image de qualité de son beurre et de sa crème pour se maintenir et trouver de nouveaux marchés. Elle travaille par exemple avec des fabriques de porcelaine de Limoges pour la réalisation de petits pots ornés des logos des hôtels ou des manifestations pour lesquelles ils ont été fabriqués.

La fabrication se fait en flux tendu, sur commande. Le transport est assuré par des camions réfrigérés.
L'intégralité des images qui illustrent ce dossier est consultable au
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