Le bois est la matière compacte et ligneuse qui constitue les branches, le tronc et les racines des arbres et de certains végétaux. Ses propriétés physiques et mécaniques (dureté, densité, résistance en compression et en traction, élasticité) varient selon les essences, qui sont nombreuses, et le rendent propre à certains usages plutôt qu'à d'autres.
La sylviculture (culture des arbres) et l'exploitation forestière fournissent le bois, qui est préparé (ébranché, écorcé et scié) par les scieries puis transformé dans les tonnelleries, usines de meubles, usines de contreplaqué, etc. Par ailleurs, les déchets des scieries alimentent des usines de pâte à papier.
Le territoire de la région Poitou-Charentes est dans son ensemble peu boisé (taux de boisement de 15 %, soit la moitié du taux national) ; l'industrie du bois est cependant l'un des secteurs les plus présents (après ceux des industries agroalimentaires et de construction mécanique) : en 2002, cette industrie, hors papeterie, emploie 4,5 % des salariés industriels régionaux.
Les forêts locales sont constituées aux trois quarts de feuillus (chêne, châtaignier, peuplier, etc.) et d'un quart de résineux (pins de Charente et de Charente-Maritime).
Une grande partie du bois transformé est importée d'autres régions (pin d'Aquitaine, sapin de Douglas du Limousin, chêne du Centre et de l'Est de la France, etc.) et d'autres pays (okoumé du Gabon, épicéa de Suède, Finlande et Allemagne, etc.). L'importation du bois exotique est l'une des activités principales du port de la Pallice à La Rochelle depuis la fin du XIXe siècle ; la Pallice se place parmi les quatre premiers ports français pour ce trafic.
La transformation du bois est une activité ancienne de la région, qui possèdait de nombreux ateliers artisanaux. Son industrialisation tardive, entre les deux Guerres, est liée au développement de la technique du bois déroulé et à l'élaboration de contreplaqué.
De nos jours, la région est l'une des premières de France pour l'industrie des panneaux contreplaqués, qui emploie plus de 1000 personnes. Le secteur industriel de la tonnellerie a également sa place sur les marchés nationaux et internationaux.
De nombreuses scieries artisanales existent dans la région au début du XXe siècle, situées à proximité de forêts fournissant les essences locales (peuplier et chêne surtout, mais aussi noyer, pin, orme, frêne, châtaignier, platane, cerisier, robinier faux-acacia, ainsi que hêtre) ; seules seize s'industrialisent entre 1920 et 1950. Ces dernières se situent plutôt dans les zones les plus boisées : le nord de la Vienne et l'est de la Charente.
La fabrication de contreplaqué concerne six entreprises, situées pour la majorité dans le Marais poitevin et dans la vallée de la Boutonne, aux confins de la Charente-Maritime et des Deux-Sèvres.
Cinq usines, situées dans la zone d'appellation d'origine contrôlée du cognac, se spécialisent dans la tonnellerie à partir des années 1940.
Les forêts de pin du sud de la Charente-Maritime suscitent l'implantation à Clérac d'une usine de transformation de la gemme (résine).
Par ailleurs, dix usines se sont spécialisées dans des productions très diverses : meubles, traverses de chemin de fer, moyeux de charrettes, caisses d'emballage, etc.
Les scieries, usines de première transformation, répondent à des demandes variées de bois destiné au bâtiment, à l'ameublement, à l'armement (crosses d'armes à feu) et à la construction de matériels divers (pour l'agriculture, le transport.).
L'industrialisation de ce secteur s'effectue lentement dans la première moitié du XXe siècle.
Toutefois, dès la fin du XIXe siècle, certains établissements s'étaient installés dans des moulins pour utiliser la force hydraulique, comme celui de Surin à Dangé-Saint-Romain en 1886, ou s'étaient dotés de moteurs thermiques, comme la scierie Girard à Beuxes (qui utilise une machine à vapeur en 1897 pour la production d'ébauches de crosses de fusil en noyer pour la Royal Arm Factory d'Enfield-Lock au nord de Londres). Dès cette époque, un grand nombre d'entreprises s'implantent auprès d'une voie de chemin de fer pour faciliter le transport des grumes (troncs d'arbres abattus et ébranchés) et des produits fabriqués.
Au début du XXe siècle, le plein essor des nombreuses laiteries régionales entraîne une demande croissante de paniers pour le conditionnement du beurre. Ces paniers sont fabriqués, à partir de fines lamelles de bois de peuplier, par des usines implantées exclusivement dans les Deux-Sèvres, notamment à La Crèche, à Niort et à Thouars.
C'est par cette activité que débute l'entreprise Rougier à Magné dans le Marais poitevin, spécialisée dans le déroulage du bois de peuplier. Transférée à Niort en 1929, cette usine se convertit l'année suivante dans la réalisation de panneaux de contreplaqué. Elle prend dans les décennies suivantes un essor exceptionnel et possède, dans les années 1970, cinq unités de fabrication à la périphérie de la ville, qui emploient 1500 personnes.
D'autres usines se développent, surtout après la Seconde Guerre mondiale, grâce à la fabrication de contreplaqué, en exploitant les plantations de peuplier du Marais poitevin et de la vallée de la Boutonne. Le succès de ce produit, lié à sa facilité d'utilisation, entraîne une forte demande, qui va nécessiter l'importation massive de bois exotique en complément du bois indigène. L'industrie du contreplaqué est très pourvoyeuse d'emplois : dans les années 1960, 1100 personnes travaillent dans quatre entreprises, concentrées en Charente-Maritime autour de Saint-Jean-d'Angély et de Rochefort ; en 1975, l'entreprise Malvaux à Loulay, emploie 480 ouvriers.
Le contreplaqué est constitué de plusieurs feuilles de bois déroulé, collées les unes sur les autres en croisant le sens du fil du bois.
Les panneaux obtenus peuvent être de très grande taille. Matériau très résistant, indéformable, léger et facile à travailler, le contreplaqué est utilisé dans de nombreux domaines : en structure pour les murs, planchers, charpentes composites., en agencement, pour les meubles, stands. et aussi en emballage, en construction navale, en coffrage.
Les grumes (de bois varié : okoumé, ozigo, sapin du Nord, peuplier, etc.) sont plongées dans une étuve à 170° C durant environ trois jours, sur un pont-roulant. Elles sont ensuite sciées à la longueur voulue, puis déroulées : le tronçon de bois tourne horizontalement autour d'un axe et une lame découpe une épaisseur de quelques millimètres formant une feuille, et ceci régulièrement, jusqu'à ce qu'il ne reste que le c½ur de l'arbre servant d'axe.
Les feuilles sont ensuite dirigées dans un séchoir, puis taillées.
De part et d'autre d'une feuille centrale, appelée l'âme (souvent en bois tendre, comme le peuplier), les feuilles sont disposées en nombre égal et perpendiculairement les unes par rapport aux autres. Le nombre de feuilles (plis) est ainsi toujours impair pour garantir un bon équilibre au panneau ; il varie selon l'épaisseur et l'usage désirés du panneau. Les feuilles encollées sont ensuite passées dans une presse. Les panneaux obtenus sont alors sciés à la dimension voulue, puis poncés, avant d'être conditionnés pour l'expédition.
Les tonneaux, fabriqués dans les tonnelleries, servaient autrefois au conditionnement de multiples produits (vins, eaux-de-vie, huiles, farine, etc.) pour leur conservation ou leur transport. L'huile de poisson, qui était utilisée dans les chamoiseries à Niort, était ainsi transportée depuis les pêcheries atlantiques par bateau dans des tonneaux.
Ces objets indispensables étaient fabriqués dans la région, par de multiples ateliers artisanaux
Le développement de la tonnellerie est lié à celui de la distillerie d'eau-de-vie de cognac à la fin du XIXe siècle. Toutes les grandes sociétés de fabrication et de négoce de cognac possèdent alors leur propre atelier de tonnellerie intégré. On y fabrique des fûts destinés au vieillissement et au transport de cet alcool. Les fûts sont de forme et de contenance variables selon leur usage. Sont ainsi fabriqués des barriques (environ 200 litres) et des tonneaux de très grande capacité (de plusieurs dizaines d'hectolitres) comme les foudres et les cuves.
Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale que cette activité s'industrialise de façon indépendante ; de grandes tonnelleries se développent alors, comme la société Radoux à Jonzac qui se crée vers 1947. Dans les décennies suivantes, ces établissements fournissent, en plus de l'industrie locale du cognac, l'industrie nationale et internationale des vins et spiritueux.
La fabrication des tonneaux exige un bois aux propriétés spécifiques : facilité de courbure, résistance mécanique, bonne isolation thermique, arômes. ; il doit être par ailleurs de première qualité : droit de fil, sans n½uds, avec peu d'aubier et des cernes fins et réguliers appelés communément « le grain du bois ».
Le bois de chêne répond à ces exigences ; le chêne à grain fin utilisé le plus souvent provient de régions françaises (Allier, Vosges) ; il est parfois complété par du chêne américain aux arômes particuliers.
La fabrication des tonneaux nécessite un bois bien sec, ce qui entraîne la présence de très grands parcs de séchage aux abords des entreprises.
Les tonneaux sont construits à partir de lames de bois appelées douelles. Celles-ci proviennent de merrains, quartiers de bille fendus de façon à ne pas couper les fibres du bois et assurer l'étanchéité du futur tonneau ; les douelles sont pré-taillées et sèchent à l'air libre environ trois ans.
Les douelles sont taillées puis assemblées pour former la jupe du tonneau. Une chauffe permet d'obtenir la forme cintrée du fût et de révéler les arômes du bois.
Les douelles sont maintenues par des cercles, autrefois en bois lié avec de l'osier, et désormais en métal galvanisé fabriqué dans des tréfileries du Nord et de l'Est de la France et en Allemagne.
Malgré une mécanisation plus grande, la fabrication d'un fût nécessite encore plusieurs heures de travail (4 heures pour un fût de 400 litres). Le métier de tonnelier exige toujours un savoir-faire qualifié.
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Au début du XXe siècle, la récolte de résine des forêts de pin maritime est l'activité prépondérante du canton de Montguyon, dans le sud de la Charente-Maritime. La résine de pin, appelée gemme, est récoltée goutte à goutte dans de petits pots, grâce à une entaille pratiquée dans le tronc ; elle est ensuite expédiée pour produire, par distillation, de l'essence de térébenthine, ainsi qu'un résidu solide, la colophane. Cette activité de transformation de la gemme est notamment caractéristique de la Gironde voisine, qui possède une quinzaine de distilleries.
L'usine Poupelain à Clérac, fondée en 1924-1925, se consacre jusqu'en 1963 à la distillation de la résine, qui s'effectue dans un alambic du même type que celui utilisé pour l'élaboration des eaux-de-vie.
La gemme contenue dans la chaudière de l'alambic est chauffée et aspergée d'eau : la vapeur obtenue passe dans le serpentin de refroidissement. L'essence est recueillie et le résidu qui subsiste dans la chaudière à la fin de la chauffe, la colophane, est récupéré avant de recommencer une nouvelle chauffe.
L'essence de térébenthine est un solvant des graisses, des huiles et des cires ; elle est utilisée dans de nombreux produits : peintures, vernis, cirage, insecticides et parfums ou produit pharmaceutiques. La colophane est employée à l'état brut pour les archets des instruments à cordes ; transformée, elle entre dans la composition de savons, de vernis, peintures, colles, encres, cosmétiques...